Suspension surprise du délégué général du gouvernement au Borkou : quels enjeux pour la région ?

La province de Borkou suspend son gouverneur en raison de manquements

Les autorités centraux tchadiennes ont décidé de suspendre temporairement le gouverneur de la province du Borkou, fustigeant son incapacité à assumer ses responsabilités. Cette décision fait suite à un document circulant de N’Djamena vers Faya.

Dans le détail, le gouverneur a été accusé de « fuite de ses responsabilités » et d’un « refus d’assumer ses fonctions ». En conséquence, une réorganisation de l’administration provinciale a été annoncée. Le secrétaire général de la province a été désigné pour assurer l’intérim jusqu’à nouvel ordre, garantissant ainsi la pérennité des services publics dans la région.

Une attaque meurtrière sur l’axe Faya-Kouba Olanga

Parallèlement, la sécurité dans cette zone est sérieusement préoccupante. Un incident dramatique s’est produit dans la nuit du mardi 17 février 2026, lorsqu’un véhicule de transport de passagers, de marque Hardtop, a été attaqué sur l’axe Faya-Kouba Olanga. Des coupeurs de route, armés, ont ouvert le feu sur le véhicule, tuant le chauffeur, Ali Tchaïmi, sur le coup. L’attaque a également conduit au vol des effets personnels des passagers, mettant en lumière la détérioration de la situation sécuritaire dans cette région.

Cet événement tragique soulève des inquiétudes quant à la capacité des autorités à prévenir de telles violences. La population exprime sa peur face à cette montée de l’insécurité et à l’impuissance apparente des forces de l’ordre. De nombreux habitants se questionnent sur la protection future des voyageurs sur ces axes routiers particulièrement vulnérables.

Un contexte de tensions croissantes

La suspension du gouverneur et l’attaque du véhicule s’inscrivent dans un cadre plus large de tensions et d’instabilité qui touchent plusieurs provinces du Tchad. Le Borkou, comme d’autres régions du pays, se débat avec des difficultés économiques et des problèmes d’ordre public qui affaiblissent continuellement la confiance des citoyens envers leurs dirigeants.

Des organisations de la société civile appellent à des réformes dans la gestion des régions éloignées, prônant une meilleure coordination entre les autorités locales et nationales. Selon certains experts, l’absence de mesures adéquates pour lutter contre l’insécurité et la gestion médiocre des ressources sont des facteurs déterminants qui exposent la population à des actes criminels.

Des acteurs politiques de l’opposition dénoncent également le manque de vigilance des gouvernants face à ces situations. Ils exigent une réponse plus robuste et un renforcement des capacités opérationnelles des forces de sécurité pour protéger les citoyens.

En fin de compte, ces événements soulignent une crise de confiance entre les autorités et la population, amplifiée par des incidents tragiques tels que l’attaque sur l’axe Faya-Kouba Olanga. La situation demande des mesures urgentes pour sécuriser les routes et rétablir la confiance dans les institutions locales.