Tchad 2030 : Simplifier les engagements financiers
Tchad Connexion 2030 : Vers une meilleure lisibilité des engagements financiers
Le plan Tchad Connexion 2030 représente une ambition considérable pour le développement du pays, visant à transformer les intentions en engagements concrets puis en services pour la population. Cependant, pour atteindre ces objectifs, il est essentiel de rendre les engagements financiers plus transparents et lisibles.
Le projet, qui comprend 17 programmes et 268 projets et réformes, s’engage également à maintenir le ratio de la dette à 32 % du produit intérieur brut (PIB) entre 2025 et 2030. Toutefois, il est important de distinguer cette trajectoire de la réalité actuelle de la dette et des dépenses futures. Le simple fait d’afficher un objectif de dette ne garantit pas que toutes les dépenses seront financées, et il est crucial d’expliquer de manière claire et précise les différentes étapes du processus de financement.
Les partisans de ce plan suggèrent que chaque projet devrait être accompagné d’une fiche d’information détaillant les engagements financiers pris. Cette fiche devrait inclure le financement recherché, les accords conclus et les sommes effectivement décaissées. Une telle clarté permettrait de comprendre les implications de chaque financement et d’évaluer l’état d’avancement de chaque projet. Par exemple, la différence entre un intérêt exprimé par un partenaire et un contrat signé doit être clairement expliquée, car un contrat implique des obligations et des conditions précises.
Il est également crucial de préciser la nature des financements. Par exemple, la distinction entre un don et un prêt est essentielle, car un prêt entraîne une obligation de remboursement qui doit être intégrée dans les calculs budgétaires. De plus, les partenariats privés nécessitent une attention particulière pour éviter de présumer que tous les risques sont privés ou que les conditions de financement sont uniformes.
Dans un scénario hypothétique où un opérateur privé construit une infrastructure d’hydraulique, l’État pourrait être amené à couvrir certaines écarts de financement. Les termes de cet engagement doivent être explicitement définis dans le contrat pour éviter toute ambiguïté future sur les obligations financières de l’État et des partenaires privés.
Le calendrier des paiements doit être désigné avec la même importance que les montants investis. En effet, un projet peut nécessiter des paiements d’avance avant de générer ses premières recettes. De plus, l’entretien et le fonctionnement des infrastructures doivent être pris en compte dans le budget global, garantissant ainsi la continuité du service après la construction.
Il est aussi primordial d’envisager des scénarios variables pour le financement, notamment en cas de délais supplémentaires ou de recettes inférieures aux prévisions. Cela nécessite une approche proactive pour identifier les options disponibles avant que des difficultés n’émergent, ce qui renforce la résilience du plan.
Une communication transparente serait bénéfique non seulement pour les citoyens, mais également pour les entreprises et les investisseurs. En effet, les fournisseurs auront besoin de connaître la certitude de leurs commandes, les délais de paiement, et les conditions préalables pour se préparer efficacement. Disposer d’informations lisibles renforce la fiabilité des partenariats et facilite la coopération économique.
Le suivi des résultats doit également être rigoureusement effectué, en différenciant clairement entre un accord signé, une dépense effectuée et un service effectivement rendu. Les retards dans la réalisation des objectifs devraient être accompagnés de justifications claires, ne se contentant pas d’un simple indicateur de pourcentage d’avancement qui pourrait prêter à confusion.
Enfin, même si certaines informations sensibles doivent être protégées, la transparence sur l’état des financements, les engagements de l’État et le calendrier des obligations serait grandement bénéfique. Publier des informations claires et accessibles sur ces engagements renforcerait la crédibilité du plan Tchad Connexion 2030, permettant ainsi à chaque citoyen de mesurer les progrès réalisés.
Cette approche pourrait permettre à Tchad Connexion 2030 d’être évalué avec rigueur sans diminuer son ambition. Suivre la transformation des intentions en engagements, puis des engagements en services, est essentiel pour prévenir les frustrations des citoyens et des investisseurs. En renforçant la lisibilité et la transparence, le Tchad pourrait établir une confiance durable et engager tous les acteurs dans un processus de développement mutuellement bénéfique.