Tchad : 30 ans de réclusion pour le général Miskine, verdict le 9

Tchad : 30 ans de prison requis contre le général Miskine, verdict attendu le 9 septembre

Le procès du général Abdoulaye Miskine, testifiant d’un des dossiers judiciaires les plus médiatiques du Tchad, a connu un nouvel épisode judiciaire ce vendredi 4 septembre 2026. L’audience criminelle s’est tenue au parquet d’instance de N’Djamena, rassemblant un large éventail de parties intéressées. Débutant à 10h30, les discussions ont duré jusqu’à 14h32, révélant des enjeux importants pour le pays.

Au cœur de cette séance, le ministère public a requis une peine de 30 ans d’emprisonnement ferme à l’encontre du général Miskine, signalant la gravité des accusations portées à son encontre. Le parquet a également demandé des peines de dix ans de prison pour trois de ses coaccusés : Abdel-Azize Groh, Adam Rakhis et Rongo Djouma. Ces derniers sont notamment accusés d’être impliqués dans des tentatives de création ou de résurrection de mouvements clandestins.

La partie civile, qui s’est également exprimée lors de l’audience, a sollicité des réparations à hauteur de 24 milliards de francs CFA, des demandes liées aux dommages qu’elle affirme avoir subis en raison des actions des accusés. Cette demande de réparation souligne la profondeur des tensions et des griefs qui entourent cette affaire.

La défense, quant à elle, a vigoureusement contesté les accusations. Me Benjamin Mamgodibaye, avocat du général Miskine, a présenté trois principaux arguments : d’abord, l’incompétence territoriale de la justice tchadienne, en prétendant que les faits reprochés se seraient déroulés en République centrafricaine ; ensuite, la prescription des faits, ces derniers remontant à 2002, alors que la plainte aurait été déposée seulement en 2020 ; enfin, l’insuffisance des preuves fournies par la partie civile et le ministère public. Les avocats de la défense ont aussi mis en lumière l’absence, selon eux, de certificats de décès, de rapports ou de procès-verbaux qui pourraient étayer les accusations formulées.

À l’issue des plaidoiries, la Cour a décidé de mettre l’affaire en délibéré, fixant la date du 9 septembre 2026 pour le prononcé du verdict. Cette décision est très attendue, car elle pourrait avoir des répercussions significatives sur le paysage politique et judiciaire du Tchad.

Le procès du général Miskine n’est pas qu’une affaire judiciaire isolée; il s’inscrit dans un contexte plus large de tensions politiques au Tchad, où les questions de pouvoir et de justice continuent d’animer le débat public. La société tchadienne, tout en attendant le verdict, se retrouve une fois de plus confrontée à des enjeux complexes qui touchent à ses fondements institutionnels et à son fonctionnement démocratique.