Tchad-Cameroun : Tracé imminent, lancement ferroviaire en 2027
Chemin de fer Tchad-Cameroun : Un projet à l’aube de sa concrétisation
Le projet de chemin de fer reliant le Tchad au Cameroun progresse vers une étape décisive avec la finalisation des études de faisabilité et l’engagement des partenaires. La Directrice générale de l’Office national des chemins de fer (ONCF) du Tchad, Zara Mahamat Hissene, a fait le point sur cette ambition stratégique lors d’un entretien.
Ce projet, fruit de la coopération entre le Tchad et le Cameroun sous l’impulsion des anciens dirigeants Idriss Déby Itno et Paul Biya, vise à renforcer les échanges économiques entre les deux nations. Actuellement, le corridor camerounais est essentiel pour le commerce extérieur du Tchad, notamment via les ports de Douala et de Kribi. Le développement ferroviaire promet de réduire les coûts logistiques et de diversifier les moyens de transport.
Trois tracés en évaluation
Les études, financées par la Banque africaine de développement (BAD) et achevées en 2024, proposent trois trajets possibles : le tracé Est reliant N’Djamena à Ngaoundéré via Bongor, Kélo et Koutéré, le tracé Ouest passant par Kousseri, Maroua et Garoua, et, enfin, le tracé Central qui inclut Kélo, Pala, Léré et Figuil. Les concertations entre Tchad et Cameroun se poursuivent pour choisir l’option la plus avantageuse pour les deux pays.
Vers une industrialisation accrue
Au-delà du désenclavement, ce chemin de fer est perçu comme un levier significatif pour l’industrialisation du Tchad. L’exploitation des ressources minières et des matières premières locales pourrait être facilitée, stimulée par l’émergence de nouvelles activités industrielles dans les régions traversées. En outre, le secteur ferroviaire est attendu pour générer des emplois tant pendant la phase de construction que dans l’exploitation des infrastructures.
Lancement prévu en 2027
Les autorités tchadiennes envisagent de lancer les travaux en 2027, conformément au Plan national de développement. La décision finale sur le tracé reste à prendre, ainsi que la mobilisation des financements nécessaires. L’ONCF a déjà reçu des manifestations d’intérêt, notamment du groupe Ittihad, et plusieurs accords préliminaires ont été signés.
Perspectives régionales
Outre le chemin de fer Tchad-Cameroun, d’autres projets régionaux sont envisagés pour étendre le réseau ferroviaire tchadien. Le projet de liaison avec le Soudan, bien que retardé par des conflits internes, ainsi que celui vers le Niger pour accéder aux ports du Bénin et de l’Afrique du Nord, témoignent de l’ambition du Tchad de s’intégrer davantage dans les échanges régionaux.
Une vision optimiste
Zara Mahamat Hissene se montre optimiste quant à la réalisation de ces projets, soulignant le potentiel transformationnel d’un tel développement ferroviaire. Pour elle, le chemin de fer représente bien plus qu’une infrastructure de transport ; c’est un outil de stimulation économique et d’intégration régionale. La Directrice générale appelle à la patience et à la confiance, affirmant que les efforts consentis aujourd’hui porteront leurs fruits pour le pays et sa population.
Ce projet ferroviaire, en attente de concrétisation depuis des années, pourrait marquer un tournant dans le développement économique du Tchad, ouvrant de nouvelles perspectives non seulement pour le pays, mais aussi pour la région subsaharienne.