Tchad : CEDYS prône l’amnistie pour consolider l’apaisement politique

Tchad : Le CEDYS plaide pour une amnistie en soutien à l’apaisement politique

Le Centre d’Études des Dynamiques Sociales (CEDYS), un think tank tchadien, a récemment publié son cinquième « Policy Brief » de 2026, intitulé « Conforter l’apaisement du climat politique au Tchad ». Cette étude se penche sur la récente grâce présidentielle accordée par le chef de l’État le 14 août 2026, et insiste sur la nécessité d’aller plus loin pour renforcer la démocratie dans le pays.

En effet, lors du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Tchad, neuf figures clés de l’opposition, incarcérées entre mai 2025 et avril 2026, ont été graciées. Parmi elles, Succès Masra, chef du parti Les Transformateurs et ancien Premier ministre, ainsi que les leaders du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP). Masra avait été condamné à une peine de 20 ans de réclusion, tandis que les membres du GCAP avaient reçu une sentence de huit ans de prison.

Le CEDYS analyse cette grâce comme un pas positif vers une dynamique de paix politique, mais souligne que des mesures complémentaires sont requises pour atteindre une véritable stabilité politique. Une grâce, bien que significative, s’avère insuffisante à elle seule pour garantir un climat de confiance et de participation inclusive.

Les chercheurs du CEDYS préconisent ainsi l’adoption d’une amnistie qui permettrait aux opposants graciés de retrouver le plein exercice de leurs droits civiques et politiques. Une telle mesure vient après une période où la scène politique tchadienne a été marquée par des tensions et des restrictions. L’emprisonnement des opposants avait engendré une réduction des voix discordantes dans un espace politique qu’ils jugent dominé par le Mouvement Patriotique du Salut et ses alliés.

En outre, le CEDYS appelle à inclure les partis dont les leaders ont été graciés dans le Cadre Permanent de Dialogue Politique (CPDP). Cette inclusion, ainsi qu’une actualisation des objectifs du CPDP, sont considérées comme des gestes essentiels pour garantir une participation politique réelle et complète.

Le think tank propose que le président de la République exprime ouvertement son soutien à un processus d’amnistie collective, et que le Parlement mette en priorité l’adoption d’une telle loi. Par ailleurs, les opposants graciés sont encouragés à participer activement au dialogue politique et à soutenir la revitalisation du GCAP.

Installé à N’Djaména, le CEDYS rappelle que la démocratie au Tchad, bien qu’en progrès, demeure fragile. Selon eux, seule l’adoption de mesures audacieuses et inclusives permettra de transformer l’actualité politique marquée par une grâce présidentielle en une consolidation durable de la paix et de la démocratie.

Les recommandations formulées par le CEDYS viennent à un moment charnière où le Tchad cherche à retrouver une stabilité politique. Ces initiatives aspirent à créer un espace plus ouvert et équitable pour tous les acteurs politiques, garantissant ainsi une voie vers un développement démocratique renforcé.