Tchad : Connaître ses droits lors d’une interpellation

Droits de l’homme au Tchad : Mahamat Nour Ibedou plaide pour une meilleure protection des citoyens

Lors de l’émission « La Matinale » diffusée par Tchadinfos, la question des libertés individuelles a occupé une place centrale. Mahamat Nour Ibedou, défenseur des droits de l’homme reconnu, était l’invité principal pour discuter de l’arrestation citoyenne et des droits qui en découlent.

Mahamat Nour Ibedou a souligné l’importance pour les citoyens de connaître le motif de leur interpellation. Selon lui, toute arrestation représente une privation de liberté qui doit respecter les règles établies. « Avant d’arrêter un citoyen, les forces de l’ordre doivent être munies d’un mandat dûment signé par le procureur de la République », explique-t-il. Ce mandat doit contenir le motif de l’interpellation, une obligation que tous les agents se doivent de respecter.

L’aide apportée par un avocat et la possibilité de passer un appel figurent parmi les droits fondamentaux garantis dès le moment de la détention. Mahamat Nour Ibedou précise que la détention préventive ne doit pas excéder 48 heures sauf prolongation exceptionnelle approuvée par le procureur de la République. Malgré ces protections, le défenseur des droits de l’homme souligne les lacunes du système : « La prison est pleine de gens en détention provisoire, souvent plus nombreux que ceux effectivement condamnés. »

Sur le plan général des droits de l’homme au Tchad, Ibedou est catégorique : « Pas du tout satisfaisant. Et ça régresse encore. » Il cite notamment ses expériences personnelles avec 11 arrestations, dont certaines durant le mandat du Maréchal Idriss Déby Itno, souvent liées à sa participation à des manifestations. Il rappelle que le droit de manifester est inscrit dans la Constitution et ne nécessite pas d’autorisation préalable, simplement une information aux autorités.

Le défenseur met en lumière les difficultés actuelles, marquées par une restriction de la liberté d’expression et un rétrécissement de l’espace de dialogue. Selon lui, ces restrictions rendent toute critique des violations des droits humains suspecte d’opposition politique, bien qu’il insiste sur l’absence de visée politique de ces mouvements.

Mahamat Nour Ibedou défend l’indépendance des organisations de la société civile comme une solution. Leur rôle est crucial, selon lui, pour obtenir des avancées telles que l’abolition de la peine de mort et la réforme des délais de garde à vue. Le défenseur distingue soigneusement son action des activités politiques en soulignant que la lutte pour les droits de l’homme ne cherche pas le pouvoir mais se concentre sur des améliorations fondamentales, telles que la lutte contre la cherté de la vie.

Face à ce panorama complexe, la persévérance des défenseurs comme Mahamat Nour Ibedou s’avère essentielle pour naviguer entre les défis de la justice et les entraves institutionnelles. Les enjeux, bien qu’importants, ne peuvent pas faire oublier la nécessité d’un dialogue honnête et engagé pour améliorer la situation des droits de l’homme au Tchad.