Tchad : Défis des MPME pour financement et formalisation
Tchad : Défis et Solutions pour les Micro, Petites et Moyennes Entreprises (MPME)
Le 27 juin marque la célébration annuelle de la Journée mondiale des micro, petites et moyennes entreprises (MPME), une occasion pour mettre en lumière leur rôle primordial dans l’économie mondiale. Cette journée, officialisée par l’Assemblée générale des Nations unies en 2017, met en exergue les principaux obstacles auxquels ces entreprises font face, spécialement dans des contextes comme celui du Tchad.
Au Tchad, les MPME constituent la majorité du tissu économique et sont essentiellement représentées par des artisans, commerçants et petites structures. Cependant, elles rencontrent des défis significatifs entravant leur développement et compétitivité. Allaramadji Natoïtra, directeur général de Bet Al-Nadjah, souligne les principaux obstacles : l’accès limité au financement, la lourdeur administrative et un déficit de compétences managériales.
Près de 90% des entreprises tchadiennes opèrent dans le secteur informel, ce qui restreint leur accès aux marchés publics et freine leur développement. Selon Natoïtra, la formalisation représente un véritable défi. Les exigences bancaires, telles que la présentation d’états financiers certifiés, sont souvent hors de portée pour ces petites structures. De plus, les coûts et la complexité des procédures de formalisation découragent de nombreux entrepreneurs.
Malgré ces défis, des initiatives locales tentent de contrer ces obstacles. Bet Al-Nadjah a mis en place plusieurs dispositifs pour accompagner les entrepreneurs. La Maison de la petite entreprise offre un soutien technique, tandis que Hub IT apporte une aide technologique. Les services proposés subventionnent jusqu’à 90% des coûts de prestations et incluent un prêt d’honneur à taux zéro sans garantie, destiné à pallier le manque de garanties financières et de comptabilités certifiées.
Pour renforcer les capacités des entrepreneurs, Bet Al-Nadjah propose également des formations adaptées. Elles couvrent des modules initiaux pour la création d’entreprise, des sessions intensives de quatre jours sur la gestion et le marketing, ainsi que du mentoring post-financement. Ces programmes visent à améliorer les compétences managériales et à faciliter l’insertion des MPME dans l’économie formelle.
Stratégiquement, Bet Al-Nadjah plaide pour une formalisation progressive et un environnement des affaires plus favorable. Natoïtra encourage les entrepreneurs à respecter leurs obligations fiscales, facilitée par la plateforme e-tax pour les déclarations en ligne. Il souligne que les impôts minimum forfaitaires sont désormais plus accessibles, ce qui pourrait encourager la formalisation.
Malgré ces efforts, l’appui de l’État est jugé indispensable. Natoïtra insiste sur la nécessité de fonds dédiés et d’un renforcement des agences d’accompagnement pour soutenir durablement les entrepreneurs. Selon lui, les initiatives d’organisations comme Bet Al-Nadjah ne suffisent pas à combler seuls les besoins des MPME tchadiennes.
En conclusion, renforcer la compétitivité des petites entreprises tchadiennes et faciliter leur transition vers l’économie formelle nécessite une collaboration entre les acteurs privés et l’État. Pour Natoïtra, un soutien structurel reste crucial pour développer un secteur entrepreneurial robuste et durable au Tchad.