Tchad : des investissements publics pour transformer les infrastructures et soutenir le développement économique
Le Tchad face au défi de l’infrastructure : un enjeu crucial pour son développement
Au Tchad, le développement économique et social repose grandement sur l’amélioration des infrastructures, malgré des résultats parfois décevants.
Depuis plus d’une décennie, le gouvernement tchadien alloue une portion significative de son budget à la création de routes, ponts, écoles et hôpitaux. Cet effort vise à désenclaver le pays et à rehausser le niveau de vie de sa population. Toutefois, les résultats observés jusqu’à présent illustrent un tableau nuancé, où ambitions politiques, contraintes financières et défis de gouvernance se heurtent encore à la dure réalité du terrain.
État des lieux des infrastructures
Avec une superficie dépassant 1,2 million de kilomètres carrés, le Tchad se confronte à d’énormes défis en matière d’aménagement du territoire. Le pays possède environ 40 000 kilomètres de routes, dont moins de 6 000 sont asphaltées. Parmi les projets d’infrastructure récents figurent la réhabilitation de la route reliant N’Djamena à Moundou, la construction d’un troisième pont sur le Chari, et les améliorations des axes reliant Abéché, Ati et Mongo.
Ces initiatives, financées par des institutions comme la Banque Africaine de Développement et la Banque Mondiale, visent à promouvoir les échanges économiques et à fluidifier le transport des personnes et des biens.
Investissements et budget
Entre 2018 et 2024, les dépenses publiques consacrées aux infrastructures ont constitué en moyenne de 20 à 25 % du budget national, représentant près de 400 milliards de francs CFA par an. En 2024, le gouvernement a alloué environ 365 milliards de francs CFA à la construction et à la réhabilitation des infrastructures. Ce soutien financier souligne l’importance stratégique de l’infrastructure dans le cadre du développement national.
Avancées dans le secteur énergétique
Le secteur énergétique a également connu des progrès significatifs. En 2024, la capacité installée a atteint plus de 200 MW, en hausse par rapport aux 120 MW en 2018. Plusieurs projets solaires sont en cours à N’Djamena, Abéché et Faya, soutenus par l’Union Européenne et la Banque Mondiale. Cependant, malgré ces avancées, l’accès à l’électricité demeure limité, ne couvrant qu’environ 12 % de la population.
Obstacles à surmonter
Malgré ces avancées, divers obstacles persistent :
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Financement : La réduction des recettes pétrolières et une dette publique élevée, atteignant environ 45 % du PIB en 2024, rendent le financement des investissements difficile. Le pays reste accoutumé à l’aide extérieure et aux prêts concessionnels pour faire face aux besoins urgents.
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Qualité des ouvrages : De nombreux chantiers accumulent des retards et souffrent de malfaçons. Les infrastructures se détériorent rapidement, souvent en raison d’un manque d’entretien.
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Gouvernance : La coordination insuffisante entre les ministères et les collectivités territoriales est une réelle entrave, aggravée par des procédures administratives complexes et des lenteurs dans le décaissement des fonds.
Perspectives d’avenir
Les infrastructures sont un levier essentiel pour faciliter la croissance et diversifier l’économie. Selon des analyses de la Banque Mondiale, chaque point d’augmentation du stock d’infrastructures peut contribuer jusqu’à 0,5 point de croissance du PIB. Ainsi, moderniser les infrastructures pourrait non seulement dynamiser les échanges commerciaux mais aussi attirer des investissements privés.
Pour transformer ces ambitions en résultats tangibles, il est crucial de :
- Améliorer la planification des investissements.
- Prioriser les projets ayant un impact économique et social fort.
- Encourager les partenariats public-privé (PPP).
Un entretien régulier des infrastructures existantes devrait également devenir une priorité budgétaire, afin d’assurer leur pérennité.
Malgré les défis majeurs auxquels il se heurte, le Tchad affiche des progrès notables en matière d’infrastructures, témoignant d’une réelle dynamique de changement. Pour que cette évolution soit durable, il est impératif de consolider la gouvernance, garantir la transparence et placer l’efficacité économique au cœur des politiques publiques. En somme, des investissements judicieux dans les infrastructures pourraient s’avérer être un moteur de développement significatif pour le Tchad.