Tchad : des réformes audacieuses pour sécuriser les droits des femmes et faciliter l’accès à la justice
Renforcement de l’accès à la justice pour les femmes et les filles au Tchad
Au Tchad, la ministre d’État chargée de la Protection de la femme et de la petite enfance, Kotoko Gata Nalu, a présenté un exposé sur les initiatives gouvernementales visant à améliorer l’accès à la justice pour les femmes et les filles lors d’une déclaration nationale.
Dans son discours, elle a insisté sur le thème central de cette session : le renforcement de l’accès à la justice, qu’elle considère comme une priorité pour le gouvernement tchadien. Selon elle, l’égalité et la justice sont des fondements indispensables pour un développement durable. Kotoko a affirmé que garantir aux femmes et aux filles un accès effectif à la justice n’est pas seulement une obligation légale, mais également un impératif pour atteindre une véritable égalité des sexes. Elle a évoqué les actions concrètes prises par le Tchad ces dernières années pour renforcer le cadre juridique et institutionnel protégeant les droits des femmes.
Une des avancées majeures a été l’adoption de la Constitution de la Cinquième République en 2023. Cette nouvelle constitution inclut des principes affirmant l’égalité et la non-discrimination, soulignant ainsi le désir du pays d’intégrer l’égalité des sexes au cœur de sa gouvernance. En plus des adjustments constitutionnels, le Tchad a également renforcé son arsenal législatif en criminalisant diverses pratiques néfastes, telles que les mutilations génitales féminines, le mariage des enfants et les violences domestiques.
Ces réformes légales vont de pair avec des initiatives politiques ayant pour but de s’assurer que les protections légales se traduisent par un accès réel aux services et à la justice pour les victimes. Par exemple, une Politique nationale pour les femmes a été adoptée, visant à guider les programmes relatifs à l’égalité des sexes dans tous les secteurs de l’État. De plus, un plan d’action national a été mis en place, en accord avec le programme « Femmes, paix et sécurité », conformément à la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies pour la période 2023-2027.
Pour renforcer la lutte contre les violences sexistes, le gouvernement a également créé plusieurs centres intégrés de prise en charge et d’assistance aux victimes dans différentes régions. Ces centres offrent des services juridiques, médicaux et psychosociaux pour aider les victimes à naviguer dans le système judiciaire et à se reconstruire après des violences. « Nous avons créé des centres intégrés pour les victimes de violences, regroupant essential services », a précisé la ministre.
Par ailleurs, une ligne d’assistance téléphonique nationale a été mise en place pour permettre aux personnes de signaler des cas de violence et d’obtenir une aide immédiate. Les autorités estiment que ces mécanismes amélioreront le signalement et la prise en charge des cas de violence. Outre la protection des droits, l’autonomisation économique des femmes est également une priorité. L’élargissement de leur participation à la vie économique est décrit comme essentiel pour le développement durable et la stabilité sociale. Pour y parvenir, le Tchad a lancé un Programme national d’autonomisation économique et sociale des femmes, soutenu par l’État, visant à renforcer l’indépendance économique des femmes.
Les progrès dans la représentation des femmes dans la vie publique ont été notables, notamment grâce à des réformes législatives promouvant la parité. La ministre a noté que grâce à la loi sur la parité, la représentation féminine au Parlement a dépassé les 34 %. Cela se traduit également par une participation accrue des femmes dans d’autres secteurs de l’administration publique.
Cependant, malgré ces avancées, des défis importants demeurent. Selon la ministre, garantir un accès effectif à la justice à travers tout le pays nécessite des investissements soutenus et un renforcement des capacités institutionnelles. « L’accès à la justice, la protection des victimes de violence et l’autonomisation économique des femmes exigent encore des ressources significatives », a-t-elle déclaré.
Pour l’avenir, le Tchad a l’intention de renforcer ses programmes nationaux et de continuer à collaborer avec ses partenaires internationaux. Parmi les priorités figurent l’extension des centres de soutien aux victimes, la promotion de l’entrepreneuriat féminin et l’amélioration de l’accès à l’éducation pour les filles, notamment dans les domaines des sciences, des technologies et des mathématiques. Ces initiatives s’insèrent dans un cadre plus global visant à garantir que les femmes et les filles participent pleinement au développement national.
En conclusion, la ministre Kotoko a souligné que l’accès à la justice ne doit pas rester un simple engagement politique, mais doit devenir une réalité tangible pour toutes les femmes et les filles. « L’accès à la justice ne doit plus être un principe abstrait ; il doit se traduire par des actions concrètes », a-t-elle affirmé. Le Tchad reste donc déterminé à travailler avec ses partenaires internationaux pour promouvoir l’égalité des sexes et construire une société plus inclusive et équitable.