Tchad : le gouvernement célèbre une grâce symbolique et prône l’unité

Tchad : le gouvernement salue une « grâce hautement symbolique » et appelle à l’unité nationale

Le gouvernement tchadien a exprimé sa reconnaissance au lendemain de la signature d’un décret présidentiel accordant la grâce à plusieurs figures de l’opposition. Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Gassim Chérif, a qualifié ce samedi 15 août le geste du président Mahamat Idriss Déby Itno de « hautement symbolique ».

Parmi les bénéficiaires de cette mesure de clémence figure Succès Masra, ancien Premier ministre et président du parti politique Les Transformateurs, ainsi que huit autres leaders politiques membres de l’ancien Grand Cadre de l’Alliance de la Paix (GCAP). La remise de ces peines a été saluée par le ministre, qui a insisté sur l’importance de cet acte dans le cadre de la réconciliation nationale et de la construction d’un pays uni.

« C’est un moment très important », a déclaré Gassim Chérif. « Au-delà de l’émotion légitime que cela suscite dans nos populations, chacun doit comprendre la portée de ce geste posé par le Chef de l’État. Ce geste n’est pas anodin. »

Le ministre a souligné que les personnalités récemment libérées célébraient actuellement ce moment avec leurs familles respectives. « Par respect, laissons-les savourer ce moment. Ensuite, il y aura un deuxième temps : le temps politique », a-t-il expliqué, suggérant que cette libération ferait partie d’une démarche politique plus large.

Selon Chérif, cette grâce présidentielle fait partie d’une politique d’inclusion prônée par le président Déby Itno, visant à associer toutes les composantes de la société tchadienne au processus de construction nationale. Le ministre, qui a lui-même un passé de politico-militaire avant d’intégrer le gouvernement, a ajouté que cette approche inclusive n’était pas nouvelle.

« Il appartient au Chef de l’État, premier magistrat du pays, d’estimer s’il faut donner la chance aux uns et aux autres de construire notre pays. Cela se fera au moment voulu », a-t-il commenté, tout en précisant que cette politique ne devrait pas compromettre le « vivre-ensemble » ni les fondements du pays.

Gassim Chérif a également exhorté les Tchadiens à adopter une vision globale et unifiée, au-delà des différences religieuses ou régionales. « Il ne faut pas réduire l’inclusivité à des considérations religieuses ou provinciales. Ce qui doit primer, c’est l’égalité des chances pour tous les Tchadiens, hommes et femmes, du nord, du sud, de l’est et de l’ouest », a-t-il insisté.

Insistant sur la diversité du pays, il a rappelé que « Il n’y a pas deux Tchad qui se font face. Il n’y a pas un Tchad musulman et un Tchad chrétien, pas un Tchad nord et un Tchad sud ». Illustrant la cohabitation pacifique, il a évoqué la région du Mayo-Kebbi où les communautés vivent ensemble de manière entremêlée, plaidant ainsi pour une perception élargie de la réalité nationale.

Avec cette décision de grâce, le gouvernement espère consolider la paix et favoriser un climat propice au dialogue et à la coopération entre les différentes factions politiques du Tchad. Ce geste s’inscrit dans un contexte où la stabilité et l’unité nationale restent des enjeux cruciaux pour le développement du pays.