Tchad : interdiction d’exporter certaines céréales

Tchad : le gouvernement interdit l’exportation de plusieurs céréales et produits dérivés

Dans une mesure visant à protéger le marché national, le gouvernement tchadien a pris un tournant significatif en restreignant l’exportation de certains produits agricoles. Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Dr Guibolo Fanga Mathieu, a signé un arrêté le 9 septembre 2023, interdisant l’exportation de plusieurs céréales, graines et produits dérivés.

L’arrêté précise que l’interdiction concerne notamment des céréales de base telles que le mil, le maïs, le riz, le sorgho, le blé, ainsi que les graines de coton. De plus, les sons et tourteaux issus de ces produits, ainsi que ceux provenant de l’arachide, tombent également sous le coup de cette interdiction. Cette mesure s’applique à l’ensemble du territoire national, ce qui témoigne de l’importance accordée par le gouvernement à la régulation de l’offre sur le marché local.

Cependant, une exception notable est stipulée dans cet arrêté : l’exportation du sésame, de l’arachide et du coton-fibre demeure autorisée. Cela permet à certains agriculteurs et exportateurs de maintenir une source de revenus, tout en garantissant la disponibilité des autres denrées sur le marché domestique.

Pour les produits visés par cette interdiction, toute demande d’exportation devra être examinée et approuvée par les services compétents du ministère du Commerce et de l’Industrie. Cette mesure vise à contrôler rigoureusement les demandes d’exportation afin d’éviter toute rupture sur le marché intérieur.

Le gouvernement a également averti que toute violation de l’arrêté sera passible de sanctions selon les lois et règlements en vigueur au Tchad. Ces derniers peuvent inclure des sanctions administratives, douanières et judiciaires. Le ministère entend collaborer avec les Douanes et les autres administrations concernées pour assurer une mise en œuvre efficace de cette nouvelle réglementation.

Cette décision s’inscrit dans un contexte où le gouvernement tchadien cherche à booster l’autosuffisance alimentaire et à protéger les agriculteurs locaux face à des fluctuations de prix sur le marché international. Les autorités espèrent ainsi stabiliser les prix locaux des denrées alimentaires, indispensables à la sécurité alimentaire du pays.

Les réactions à cette annonce sont variées. Certains agriculteurs approuvent la décision, soulignant qu’elle pourrait protéger leurs revenus et assurer un approvisionnement suffisant pour la population. En revanche, d’autres acteurs du secteur, notamment ceux qui dépendent des marchés d’exportation, s’inquiètent des conséquences économiques que cette interdiction pourrait engendrer.

En somme, cette nouvelle mesure du gouvernement tchadien marque une étape importante dans la politique de régulation des exportations agricoles et soulève des questions sur l’avenir du commerce extérieur des produits alimentaires du pays.