Tchad : le gouvernement accuse le GCAP d’être hors-la-loi, tensions croissantes
Arrestation de membres du GCAP au Tchad : le gouvernement s’explique
Le ministre tchadien de la Communication, Gassim Chérif Mahamat, a détaillé, ce mercredi, lors d’une intervention télévisée, les raisons de l’arrestation de plusieurs membres du Groupe citoyen pour l’alternance et la paix (GCAP), placés en détention à la maison d’arrêt de Klessoum.
Les accusations portées contre ces membres du GCAP comprennent l’attroupement illégal, l’association de malfaiteurs, la rébellion et l’appel à l’insurrection. Lors de son intervention, le ministre a souligné la détermination du gouvernement à maintenir l’ordre face aux « contre-vérités » et « spéculations » circulant sur cette affaire, insistant sur le caractère légitime des procédures judiciaires engagées. Il a rappelé que le procureur de la République avait déjà clarifié les charges lors d’un point de presse précédent.
La situation a pris une nouvelle tournure après la dissolution officielle du GCAP par la Cour suprême le 24 avril, une décision que le gouvernement affirme que le mouvement n’a pas respectée. Selon Gassim Chérif Mahamat, les membres auraient continué à inciter aux manifestations et réunions illégales, défiant ainsi l’ordre judiciaire.
Le gouvernement tchadien qualifie de « grave » la découverte d’armes de guerre parmi les membres arrêtés. Gassim Chérif Mahamat a affirmé que des preuves ont établi la possession d’armes automatiques par certains individus du groupe, déclarant que de tels comportements ne peuvent être tolérés dans une démocratie.
Contestant les accusations d’arrestations arbitraires, le ministre a défendu l’intégrité des procédures, affirmant que les décisions ont été le fruit d’enquêtes indépendantes menées par la police judiciaire et d’autres services spécialisés, non influencées par le gouvernement.
La dissolution du GCAP, selon le ministre, n’aurait pas été une initiative directe du pouvoir exécutif mais le résultat de la mise en œuvre des décisions de justice. Il a critiqué l’attitude du GCAP qui, selon lui, n’a jamais véritablement participé aux jeux démocratiques lors des élections prévues pour 2024, préférant rester « en dehors des instances républicaines ».
En réponse aux critiques évoquant une réduction de l’espace politique au Tchad, Gassim Chérif Mahamat a souligné la pléthore de partis politiques existants et le rôle actif de l’opposition au sein des institutions législatives. Il affirme que l’espace politique s’élargit progressivement avec le retour de différents opposants sur la scène nationale.
Le ministre a aussi abordé la situation tendue dans la province du Wadi Fira, exprimant la solidarité du gouvernement et réaffirmant les efforts déployés pour maintenir l’ordre, notamment face aux tensions à la frontière soudanaise.
Dans ce contexte délicat, le gouvernement tchadien affirme sa volonté de préserver la paix et la stabilité, tout en assurant aux familles touchées de la province sa compassion et sa détermination à gérer la situation avec la plus grande rigueur.
Ainsi, dans un climat politique et social complexe, le Tchad tente d’équilibrer la fermeté nécessaire à l’ordre public et le respect des principes démocratiques.