Tchad : le ministre Béni plaide pour réécrire l’histoire nationale devant les députés
Le Tchad initie la réécriture de son histoire : perspectives et enjeux
Le vendredi 29 mai, le ministre de l’Enseignement supérieur, Dr Sitack Yombatina Béni, s’est exprimé devant l’Assemblée nationale sur le projet de création d’un comité chargé de réécrire l’histoire du Tchad, soulignant l’importance d’une narration inclusive et objective.
Lors d’une séance dirigée par le président de l’Assemblée nationale, Ali Kolotou Tchaïmi, Dr Yombatina Béni a répondu aux préoccupations des députés concernant ce projet ambitieux. La rencontre a permis de détailler les motivations, objectifs et modalités de cette initiative, jugée délicate par certains membres de l’hémicycle.
Les députés ont exprimé diverses inquiétudes, notamment sur les aspects financiers, la représentativité des différentes régions et groupes ethniques du pays au sein du comité, ainsi que sur les garanties d’indépendance scientifique des travaux à entreprendre.
Dans son intervention, le Dr Sitack Yombatina Béni a plaidé pour le projet en insistant sur sa portée historique, culturelle et sociale. Il a expliqué qu’il s’agissait de rectifier les préjugés persistants, valoriser les divers groupes constituant la nation tchadienne et renforcer l’unité nationale par le biais d’une histoire partagée et impartiale.
« Il est essentiel de ne pas rédiger une histoire coloniale, mais de reconstruire une histoire intégrale du Tchad reconnue par tous. Cette histoire doit être écrite par nous-mêmes, fondée sur nos référents propres, nos mythes fondateurs et nos réalités », a souligné le ministre.
Il a également affirmé que le processus serait à la fois scientifique et inclusif, avec pour but prioritaire la construction d’une histoire nationale libérée de tout préjugé, consolidant ainsi la cohésion sociale et transmettant une mémoire collective pacifiée aux générations futures.
Ce projet s’inscrit dans une démarche plus large visant à consolider l’identité tchadienne et à répondre à la nécessité d’une réappropriation narrative qui reflète fidèlement les diversités culturelle et historique du pays.