Tchad : Médias invités à renforcer la vérification des infos
Tchad : Lutte contre les faux communiqués, un défi pour les médias
La multiplication des faux communiqués attribués aux institutions publiques devient un phénomène alarmant au Tchad. Ces documents, rapidement diffusés sur les réseaux sociaux, représentent un véritable casse-tête pour les médias locaux, confrontés au défi de maintenir une information crédible tout en prévenant les conséquences du relais d’informations erronées.
Récemment, le ministère de la Sécurité publique et de l’Immigration a démenti un faux communiqué circulant sur les réseaux sociaux, qui annonçait une interdiction générale de l’usage de drones. Dans une réaction rapide, le ministère a clarifié que le document n’émanait pas de ses services et a appelé les citoyens à ne pas s’y fier.
Pour les médias tchadiens, cette prolifération de fausses informations engendre deux problématiques majeures. La première est la préservation de leur crédibilité. Zara Tchari Soumaine, directrice de publication de Tribune Échos, indique que le retrait d’un article faux abîme la confiance des lecteurs. « À N’Djamena, l’information se propage très vite. Dès qu’un média reconnu doit rétracter une information, cela diminue la crédibilité», explique-t-elle.
La deuxième concerne les potentielles répercussions légales et relationnelles. Diffuser une fausse information associée à un ministère ou à la présidence peut entraîner des sanctions juridiques et détériorer les relations professionnelles avec les responsables de communication officiels.
Pour contrer ce phénomène, les professionnels des médias sont encouragés à vérifier chaque document avant publication. Zara Tchari Soumaine recommande de toujours confirmer l’origine d’un communiqué en contactant directement l’institution concernée, et elle insiste sur l’importance d’analyser le canal par lequel le document a été reçu.
La rapidité avec laquelle les informations (ou désinformations) se propagent sur les réseaux sociaux accentue ces enjeux. Des plateformes telles que Facebook et WhatsApp dominent le paysage informationnel au Tchad, tout en posant un risque pour la rigueur journalistique. « Les réseaux imposent une pression d’immédiateté nuisible au recoupage », souligne encore Zara Tchari Soumaine.
Face à cette situation, Teyane Bertrand, à la tête de Hamama Média, prône une vérification rigoureuse à travers plusieurs étapes avant toute transmission d’informations. Ces étapes comprennent notamment la confirmation directe par les porte-paroles institutionnels, le contrôle des communications sur les plateformes officielles, et une attention particulière à la chaîne de transmission des documents.
Toutefois, la responsabilisation des médias ne suffit pas à endiguer ce problème. Une collaboration renforcée entre les médias et les institutions est jugée indispensable. Zara Tchari Soumaine évoque la mise en place d’un mécanisme de validation rapide via WhatsApp pour faciliter les confirmations. De son côté, Teyane Bertrand propose l’élaboration d’un répertoire officiel en ligne où les communiqués pourraient être authentifiés grâce à des technologies telles que les codes QR.
Les médias tchadiens et les institutions sont d’accord : il s’agit d’une problématique commune nécessitant une réponse concertée. En conjuguant leurs efforts, ils visent à sécuriser le paysage informationnel national et à garantir l’accès à des informations fiables aux citoyens tchadiens et aux consommateurs d’informations à l’échelle internationale.