Tchad : mobilisation pour l’albinisme au Wadi Fira
Tchad : Sensibilisation et plaidoyer dans le Wadi Fira à l’occasion de la Journée mondiale de l’albinisme
Le 13 juin dernier, à Iriba, dans la province du Wadi Fira au Tchad, l’Association d’appui aux albinos du Tchad a célébré la Journée mondiale de l’albinisme sous le thème : « Albinisme et santé : entre vulnérabilités biologiques et défis d’accès aux soins ». Cet événement visait à sensibiliser le public aux réalités de l’albinisme, déconstruire les mythes persistants et améliorer l’accès aux soins pour les personnes concernées.
La manifestation a réuni des autorités administratives locales et plusieurs acteurs de la société civile. Parmi eux, le Dr Galilée Kakiang, médecin à Médecins Sans Frontières (MSF) à Iriba, a pris la parole pour expliquer la nature de l’albinisme. Il a précisé qu’il s’agit d’une condition génétique héréditaire affectant la production de mélanine, responsable de la pigmentation de la peau, des cheveux et des yeux. Le médecin a insisté sur le fait que l’albinisme n’est ni contagieux ni une malédiction.
Le Dr Kakiang a également abordé les risques sanitaires liés à cette condition, principalement en raison de la vulnérabilité accrue de la peau aux rayons ultraviolets du soleil, augmentant le risque de cancer de la peau. Il a recommandé aux personnes atteintes d’albinisme de se protéger avec des crèmes solaires, de porter des vêtements couvrants et d’assurer un suivi médical régulier.
Mahamat Saleh Mangare, secrétaire général de l’association, a dénoncé les discriminations persistantes envers les personnes albinos. Il a souligné que malgré le fait que l’albinisme soit une condition médicale, de nombreuses croyances erronées persistent, ce qui conduit à des préjugés, de la discrimination et parfois même à l’exclusion sociale.
Mangare a exprimé ses préoccupations concernant les effets de ces discriminations, notamment en matière d’éducation et d’emploi. « Certains enfants abandonnent l’école à cause des moqueries répétées », a-t-il déclaré, soulignant le besoin urgent d’un changement social pour garantir aux personnes atteintes d’albinisme le droit à une vie digne et épanouie.
L’appel à l’inclusion lancé durant cet événement a résonné avec force. Mangare a exhorté la collectivité à se mobiliser pour assurer le respect et l’application des droits fondamentaux des personnes atteintes d’albinisme. « La véritable inclusion passe par le respect de leur dignité et la garantie de leurs droits », a-t-il affirmé.
Cet événement a marqué une étape importante dans la sensibilisation et le plaidoyer pour les droits des personnes albinos au Tchad, réitérant la nécessité d’une action collective pour surmonter les défis auxquels elles font face.