Tchad : le préfet de la Dodjé dément la « faillite sécuritaire »

Tchad : le préfet de la Dodjé défend la situation sécuritaire de la région

Abdelrahim Mahamat Abakar, le préfet du département de la Dodjé, a récemment répondu aux accusations portées par le Collectif des cadres de la Dodjé. Ce dernier, lors d’un point de presse tenu le 18 août 2026 à Moundou, a décrit une situation alarmante marquée par une « guerre d’occupation spatiale », un « drame humanitaire » et une « faillite sécuritaire » dans plusieurs localités du département.

En réaction, le préfet a démenti formellement ces allégations tout en admettant l’existence de tensions et d’incidents isolés sur le territoire. Il a expliqué que la Dodjé attirait fréquemment des éleveurs venus de régions voisines avec leurs troupeaux, mais a vigoureusement rejeté l’idée d’une occupation permanente des terres.

Abdelrahim Mahamat Abakar a reconnu que des affrontements sporadiques et des actes de banditisme avaient entraîné des pertes humaines, citant notamment les décès de deux personnes à Laoukassy et d’un individu à Beissa. Il a précisé que plusieurs suspects avaient été arrêtés et placés en détention à la maison d’arrêt de Moundou, tandis que d’autres étaient toujours activement recherchés.

Face à ces préoccupations sécuritaires, le préfet a indiqué que les autorités départementales avaient sollicité un renforcement de la présence militaire. Un régiment d’infanterie a été déployé dans diverses sous-préfectures, notamment dans les cantons Mandakao et Konkoundja, les 14 et 15 août 2026.

Sur la question des destructions matérielles mentionnées par le Collectif des cadres, le préfet a également contesté les estimations avancées, affirmant qu’un total de 98 cases auraient été incendiées, contrairement aux 472 maisons rapportées par le collectif. Les autorités ont également déclaré que 31 hangars avaient été détruits, plutôt que les 43 évoqués, et que seules cinq anciennes machines à moudre avaient été incendiées, contre les 16 annoncées.

De plus, Abdelrahim Mahamat Abakar a nié les allégations concernant le vol d’une centaine de bovins, affirmant qu’aucune tête de bétail n’avait été emportée. Il a attribué ces incidents à des actes isolés de banditisme, assurant que les autorités prenaient des mesures pour garantir la sécurité des populations locales.

Le préfet a également déconstruit l’affirmation selon laquelle 4 187 hectares de champs auraient été détruits dans la sous-préfecture de Laoukassy, qualifiant ce chiffre de « pure imagination ». Il a donné quelques précisions sur les désordres sur les terres agricoles, indiquant que des dommages avaient parfois été causés involontairement, à la suite de négligence de certains éleveurs. Les différends liés à ces incidents sont généralement résolus à l’amiable par des comités locaux de gestion des conflits.

Les autorités affirment avoir commencé, depuis le 1er août 2026, l’identification des éleveurs tant transhumants que sédentaires. Un processus visant à retirer les troupeaux qui se sont établis illégalement dans certaines zones est également en cours.

Concernant la situation générale de sécurité dans le département, le préfet a rappelé que, en dehors des incidents notés à Laoukassy et à Beissa, le reste du territoire de la Dodjé ne souffrait pas de troubles majeurs. Il a mentionné une amélioration significative dans la sous-préfecture de Beinamar rural, qui connaît désormais une période de paix après des événements perturbateurs survenus en mai 2025.

Enfin, Abdelrahim Mahamat Abakar a mis en garde contre certaines publications sur les réseaux sociaux qu’il a accusées d’exagérer la situation actuelle et de propager des informations erronées susceptibles de semer la peur et des tensions au sein des communautés. Selon lui, des messages circulant sur l’état des villages et des champs de Mandakao ne reflètent pas la réalité observée depuis le mois de juin.

Les autorités du département de la Dodjé s’engagent à poursuivre leurs efforts pour maintenir l’ordre public, protéger les citoyens et préserver leurs biens face aux défis sécuritaires.