Tchad : prolifération d’écoles fictives

Tchad : La prolifération inquiétante des écoles fictives dans la capitale

À N’Djamena, la capitale du Tchad, un phénomène alarmant est mis en lumière : la présence d’établissements scolaires privés fonctionnant sans autorisation officielle. C’est une situation qui soulève des inquiétudes, tant pour le système éducatif que pour les familles qui, souvent, ignorent le statut légal de ces écoles.

Lors d’une récente intervention le 23 septembre, le ministre de l’Éducation nationale, Dr Mahamat-Ahmad Alhabo, a révélé que plusieurs écoles, qualifiées de « fictives » ou « sauvages », opéraient en toute illégalité. Cette annonce intervient à une semaine seulement de la rentrée scolaire pour les classes intermédiaires. Selon le ministre, ces établissements privés constituent une problématique qui doit être adressée de manière urgente.

Une mission d’inspection dépêchée par le ministère a dévoilé que, dans le 7e arrondissement de N’Djamena, 15 établissements n’étaient pas enregistrés auprès des autorités éducatives. Cet arrondissement, l’un des plus vastes de la capitale, compte deux inspections différentes. L’inspection B, en charge d’une partie de l’arrondissement, est critiquée pour son manque de vigilance, aucun suivi n’ayant été effectué pour ces écoles non régulées.

Ces écoles remettent aux élèves des bulletins scolaires sans valeur officielle, compromettant ainsi leur parcours académique. Des frais de scolarité sont encaissés, perpétuant une fraude qui touche directement les parents d’élèves et menace l’intégrité du système éducatif. Le ministre Alhabo a clarifié que chaque partie impliquée devra répondre de ses responsabilités.

Parmi les établissements recensés dans cette zone, seuls 15 sur 85 ont une situation administrative régularisée, parfois avec des autorisations provisoires. Pour le ministre de l’Éducation, il est impératif que toutes les écoles privées répondent aux critères de qualité définis, incluant le recrutement de personnels qualifiés et la conformité des infrastructures aux normes en vigueur. L’avertissement est sans équivoque : les établissements ne respectant pas les réglementations fermeront leurs portes.

Le scandale pourrait ne pas se limiter à N’Djamena. Dr Mahamat-Ahmad Alhabo a évoqué la possibilité d’une situation similaire dans d’autres régions du pays, où des milliers d’écoles fictives pourraient être découvertes. Ce constat suscite une préoccupation nationale et souligne la nécessité d’une approche systématique pour garantir que chaque institution scolaire dans le pays soit tenue de rendre des comptes.

Afin d’assurer la qualité et la transparence dans l’éducation au Tchad, le ministère se prépare à étendre ses opérations de contrôle à d’autres zones où des pratiques similaires pourraient exister. Une telle initiative est essentielle pour rassurer les parents et garantir à chaque enfant tchadien l’accès à une éducation de qualité, conforme aux normes établies.

Cette situation illustre un défi important pour le système éducatif tchadien, nécessitant une action rigoureuse et coordonnée pour sécuriser l’avenir académique des générations futures.