Tchad : Le secteur primaire stimule une croissance modérée au T1 2026
Tchad : Observations sur la croissance économique au premier trimestre 2026
Au premier trimestre de l’année 2026, l’économie tchadienne affiche une croissance modérée de 1,8 %. Ce ralentissement est notable par rapport aux performances plus soutenues observées à la fin de l’année précédente. Malgré cette légère décélération, le gouvernement tchadien maintient ses perspectives annuelles à 6,2 %, confiant dans la solidité de plusieurs secteurs clés, notamment pétrolier et non pétrolier, comme l’atteste le cadre national des équilibres financiers (CNEF) réuni le 6 mars 2026.
Le secteur primaire se distingue comme le principal moteur de cette croissance. Avec une contribution de 4,73 % à l’économie, il dynamise l’activité économique grâce à une bonne performance agricole. Les cultures vivrières et de rente sont en hausse, avec des augmentations significatives dans la production de maïs (+10,0 %), d’arachide (+7,2 %) et de coton (+5,0 %) par rapport à l’année précédente. De plus, le secteur de l’élevage bénéficie d’une croissance robuste, variant entre 8,6 % et 12,9 % selon les espèces. Notamment, la pêche a connu un fort rebond trimestriel de 60,3 %, bien qu’en recul sur une base annuelle de 21,7 %.
En ce qui concerne le secteur extractif, la production de pétrole brut reste stable avec une légère augmentation de 0,5 %. Cependant, d’autres minerais tels que l’or (+25,6 %) et l’antimoine (+49,0 %) affichent des croissances remarquables, confirmant la dynamique positive du secteur minier dans le pays.
À l’inverse, les secteurs secondaire et tertiaire souffrent d’une contraction conjoncturelle. Le secteur secondaire connaît une légère baisse de 0,09 %, sont impacts divers par la diminution de la production de pétrole raffiné (-13,3 %), de l’industrie brassicole (-10,0 %) et de l’électricité (-7,6 %). Ces difficultés sont attribuées principalement à des contraintes techniques et logistiques. Toutefois, certains segments montrent des signes de résilience, notamment le ciment (+20,9 %), l’eau (+7,2 %) et le coton fibre (+20,9 %).
Le secteur tertiaire n’échappe pas non plus à cette tendance avec un repli de 0,55 %, marqué par un effondrement dans le secteur de l’hébergement-restauration (-48,4 %) et des baisses dans les secteurs de la santé (-25,7 %) et de l’immobilier (-4,5 %). Ce phénomène est interprété comme une conséquence des conditions économiques plus difficiles rencontrées par de nombreux acteurs pendant cette période. Toutefois, le secteur du commerce connaît un redressement trimestriel de 8,2 %, compensant partiellement cette baisse avec une forte croissance annuelle des services marchands (+15,9 %), notamment grâce à l’enseignement qui affiche une remarquable hausse de 73,5 %.
Ce premier trimestre 2026 s’inscrit dans un contexte international particulièrement tendu, avec le déclenchement d’un nouveau conflit au Moyen-Orient. Cela a entraîné une augmentation des prix du pétrole, le Brent dépassant 75 USD le baril, comparativement à 65,5 USD à la fin de l’année 2025. Dans ce cadre, le Fonds monétaire international (FMI) a révisé ses prévisions de croissance mondiale à la baisse, estimant désormais qu’elle s’établirait à 3,1 % pour l’année 2026.
En conclusion, bien que l’économie tchadienne présente des signes de ralentissement, le soutien du secteur primaire souligne des dynamiques positives qui peuvent jouer un rôle clé dans le rétablissement de l’économie tchadienne sur le long terme. Les perspectives restent néanmoins incertaines face à des défis internes et externes qui pourraient influencer la trajectoire de croissance du pays dans les mois à venir.