Tubercules de rônier : riches en amidon, sans guérison de l’ictère
Les Tubercules de Rônier : Une Tradition Culinairе Sans Vertus Médicinales Confirmées
Les tubercules de rônier, connus sous le nom de « ndjabra » au Tchad, occupent une place de choix dans la culture gastronomique du sud du pays. Appréciés pour leur goût et leur texture, ces aliments trônes fièrement sur les étals des marchés locaux et dans certains quartiers urbains. En dépit de leur popularité comme aliment traditionnel, certaines croyances leur confèrent des vertus médicinales, particulièrement dans le traitement de l’ictère, ou jaunisse. Cependant, les experts tempèrent ces affirmations, en indiquant l’absence de preuves scientifiques soutenant ces allégations.
Selon Yanwé Vincent Delsikréo, un nutritionniste renommé, le « ndjabra » est dérivé du jeune fruit des palmiers du genre Borassus, notamment Borassus aethiopum et Borassus flabellifer. Lors de la germination, le fruit développe une substance charnue à l’intérieur, constituant le fameux « ndjabra » riche en amidon, qui sert initialement de réserve nutritive au jeune palmier.
Utilisé principalement comme source d’énergie due à sa haute teneur en glucides, le « ndjabra » contient également des protéines, des fibres, des lipides et quelques minéraux. Cependant, les informations scientifiques sur sa composition nutritionnelle restent modestes, surtout en matière de vitamines. Yanwé Vincent Delsikréo souligne ainsi que le « ndjabra » doit être vu avant tout comme une source d’énergie et non comme un super-aliment vitaminé.
En dépit de son usage répandu, aucune étude scientifique ne valide encore ses prétendues propriétés médicinales, notamment en ce qui concerne le traitement de l’ictère. Le nutritionniste insiste sur le besoin d’études plus approfondies sur l’humain pour explorer une éventuelle efficacité thérapeutique.
Le « ndjabra » n’en reste pas moins un élément d’intérêt pour les chercheurs grâce à des propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires, antihypertensives, antidiabétiques et hépatoprotectrices qui lui sont attribuées par certaines études expérimentales et usages traditionnels. Cependant, ces qualités ne traduisent pas automatiquement une capacité à soigner des maladies.
Sur le plan de l’hygiène, la préparation et la conservation appropriées du « ndjabra » sont primordiales. Une mauvaise manipulation du produit peut mener à une contamination microbiologique, un risque souligné par Yanwé Vincent Delsikréo. C’est pourquoi il recommande une cuisson adéquate, non seulement pour ramollir le tubercule, mais aussi pour réduire la présence de microbes.
À cet effet, Delsikréo conseille d’utiliser une eau potable pour la préparation et de suivre scrupuleusement les règles d’hygiène afin de prévenir les intoxications comme le rappelle Dr Noudjitoloum Riradjim dans une récente étude sur l’intoxication alimentaire.
Finalement, bien que le « ndjabra » soit valorisé pour ses apports nutritionnels dans les zones où il est cultivé, il doit être intégré dans le cadre d’une alimentation équilibrée et variée. Sa consommation doit s’accompagner d’autres sources nutritionnelles pour garantir un apport diversifié en nutriments essentiels.
Ndilnodji Stéphane, journaliste pour un média local, conclut que malgré le statut culinaire incontournable du « ndjabra », le spectre de son usage ne doit pas être élargi à des promesses thérapeutiques non prouvées. Le rônier continue ainsi de jouir d’une place centrale sur les tables du Tchad, tout en s’inscrivant petit à petit dans le répertoire des aliments étudiés pour leur potentiel nutritionnel et scientifique.