Un atelier à Daboua pour favoriser l’intégration des déplacés et demandeurs d’asile raisonnablement impacté par la crise.
Atelier à Daboua pour l’intégration des personnes déplacées internes
Du 18 au 19 novembre 2025, un atelier de plaidoyer a été organisé à Daboua, dans le département de Fouli, province du Lac, afin d’améliorer l’intégration des personnes déplacées internes (PDI), des retournés et des demandeurs d’asile au sein des communautés d’accueil. L’événement, sous l’égide de l’Association pour la Promotion des Libertés Fondamentales au Tchad (APFT) et en collaboration avec Oxfam, a bénéficié du soutien financier du GFFO. Le sous-préfet de Daboua, Yapé Barthélémy, a ouvert les travaux, favorisant un cadre propice aux discussions.
L’atelier avait pour objectif central de promouvoir une intégration durable des personnes déplacées et retournées dans les communautés locales. Les interventions visaient à renforcer le cadre juridique, institutionnel et social qui garantit le respect des droits de ces populations, leur accès équitable aux services essentiels et leur participation active aux processus décisionnels.
Un point crucial des discussions a été la prise en compte des questions de genre et de vulnérabilité, considérées comme des enjeux majeurs pour la réintégration des individus les plus exposés, tels que les femmes, les jeunes, les personnes en situation de handicap et les cheffes de ménage.
La cheffe de projet de l’APFT, Mme Nenoudji Kodongar Flora, a salué l’engagement des autorités locales, militaires et traditionnelles, ainsi que l’implication des organisations de la société civile. Elle a encouragé l’assistance active des participants afin d’enrichir la réflexion collective et de renforcer les capacités locales en matière de gestion des déplacements forcés. Dans un contexte sensible marqué par des tensions communautaires, elle a également souligné l’importance de la cohésion sociale et des mécanismes de prévention de conflits dans la province du Lac.
Durant l’atelier, les participants ont examiné plusieurs textes juridiques, dont la loi n°027/PR/2020 relative au droit d’asile au Tchad et la loi n°012/PR/2023, qui fixe les droits et devoirs des réfugiés et des personnes déplacées. Par ailleurs, des discussions ont eu lieu sur une stratégie de plaidoyer et de communication d’influence, ainsi que sur les initiatives pour favoriser une cohabitation pacifique entre les déplacés et les communautés hôtes. Le projet « Assistance humanitaire multisectorielle (EHA, EFSVL, Protection) » a également été présenté, traitant des populations vulnérables affectées par les conflits et les déplacements dans le Sahel central, y compris au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Tchad.
À l’issue des échanges, les participants ont formulé plusieurs recommandations concrètes. Parmi celles-ci, il a été suggéré de renforcer la sensibilisation des communautés sur la cohésion sociale, de former les chefs traditionnels et religieux à la gestion pacifique des conflits, d’impliquer davantage les femmes et les jeunes dans les décisions communautaires, et de lancer des projets de développement en faveur des populations vulnérables. Il a également été proposé de veiller à la supervision des activités génératrices de revenus (AGR) menées par les ONG, afin d’éviter la création de sites fictifs pour les déplacés.
Les participants ont exprimé leur satisfaction concernant l’atelier et leur détermination à appliquer les nouvelles connaissances acquises. Ils ont également réaffirmé l’importance d’une meilleure prise en compte des droits des PDI et des demandeurs d’asile au sein des politiques locales et des initiatives de développement.
La clôture de l’atelier a été marquée par une allocution du sous-préfet de Daboua, qui a remercié les organisateurs et a félicité les participants pour leur esprit de collaboration. Il a insisté sur le fait que l’intégration des déplacés constitue un défi collectif, nécessitant l’engagement de tous les acteurs impliqués et la prise en compte des enseignements partagés au cours des deux journées de travail.
Cet événement témoigne de l’effort continu de plusieurs acteurs pour répondre aux besoins croissants des populations affectées par les mouvements de population, en mettant au cœur des stratégies de réintégration la protection des droits fondamentaux et la nécessité de la cohésion sociale.