Un commerçant de N’Djamena sous le feu des projecteurs pour abus de confiance : quelles conséquences pour le commerce local ?

Affaire d’abus de confiance jugée à N’Djamena : un commerçant accusé d’escroquerie

Le 9 février 2026, le Tribunal de Grande Instance (TGI) de N’Djamena a examiné une affaire d’abus de confiance touchant un commerçant, accusé d’avoir détourné une somme importante destinée à l’importation d’un véhicule.

Les faits remontent à l’année 2024, une période au cours de laquelle la partie civile aurait confié au prévenu une somme de 16 235 000 FCFA pour l’acquisition d’un véhicule au Nigeria. Selon l’acte d’accusation, le commerçant, après avoir reçu ces fonds, ne s’est plus manifesté, laissant la victime sans véhicule et sans remboursement.

Devant le tribunal, le prévenu a reconnu qu’il avait effectivement reçu l’argent, mais a contesté toute intention frauduleuse. La défense a avancé qu’il avait bien tenté d’acquérir le véhicule selon les termes convenus avec la partie civile. L’avocat du commerçant a précisé que des complications étaient survenues lors du transport : le chauffeur dépêché par la partie civile n’aurait pas reçu le montant nécessaire pour couvrir les frais de carburant, ce qui aurait entraîné une panne. Pour pallier cette immobilisation, le marchand a affirmé avoir contracté une dette de 12 millions FCFA afin d’acheter des pièces de rechange.

L’avocat a également mis en avant les relations amicales entre le commerçant et la victime, soulignant qu’elles devraient conduire à une interprétation plus nuancée de cette affaire. Malgré ces arguments, le Procureur de la République a jugé que les éléments constitutifs de l’abus de confiance étaient bel et bien présents.

En conséquence, il a requis une peine de deux ans d’emprisonnement ferme et une amende de 200 000 FCFA à l’encontre du commerçant. À l’issue des débats, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire pour une suite de plaidoiries ultérieure. En attendant le délibéré ou la prochaine audience, le prévenu a été maintenu en détention et reconduit à la maison d’arrêt.

Cette affaire soulève des questions sur la confiance dans les transactions commerciales au Tchad, particulièrement dans un contexte économique où les fraudes peuvent fortement impacter les relations entre opérateurs. L’issue de cette affaire pourrait également influencer de futurs cas similaires, alors que les autorités judiciaires continuent de lutter contre les abus dans le secteur commercial.