Un corridor maritime de 137 millions de dollars pour booster le commerce en Afrique

Lancement d’un projet maritime clé aux Comores : un investissement de 137 millions de dollars

Le président de l’Union des Comores, Azali Assoumani, a inauguré le 27 octobre 2025 à Moroni un projet ambitieux visant à aménager un corridor maritime et à faciliter le commerce régional. Ce programme, soutenu par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), mobilise un financement total de 137 millions de dollars américains.

L’événement s’est tenu en présence de plusieurs hauts responsables de la BAD, qui ont révélé que cette somme se divise en un don de 135 millions de dollars provenant du Fonds africain de développement et un complément de 2 millions de dollars, financés par le Fonds d’appui à la transition, dédié aux États en période de transition. Ce projet a également attiré l’attention d’autres institutions financières, telles que la Banque mondiale, la Banque islamique de développement, et l’Agence française de développement, qui s’associeront pour apporter plus de 110 millions de dollars supplémentaires à ce programme.

Le Centre Mondial pour l’Adaptation a également contribué à cette initiative en fournissant une expertise sur les risques climatiques qui pourraient affecter les infrastructures portuaires et en suggérant des options d’adaptation à intégrer dans la conception des projets.

L’objectif principal de ce projet est de moderniser les infrastructures portuaires, essentielles pour stimuler l’économie des îles de l’Union des Comores. Cette initiative est conçue pour faciliter les échanges commerciaux et améliorer la connectivité régionale, permettant ainsi à l’archipel de tirer parti de sa position géographique dans le canal du Mozambique et de devenir un point logistique stratégique entre l’Afrique et l’Asie.

Lors de son discours d’inauguration, le président Assoumani a souligné l’importance de ce corridor maritime, le qualifiant de « témoignage éloquent de notre capacité à bâtir une nation résiliente ». Il a décrit le projet comme « un symbole vivant de notre ouverture au monde, un pont entre les peuples, un vecteur de commerce, de coopération et de prospérité partagée ».

La ministre comorienne du Transport maritime et aérien, Yasmine Hassane Alfeine, a également pris la parole pour saluer la BAD comme un « partenaire stratégique fidèle ». Elle a précisé que l’appui technique et financier de cette institution soutient les efforts pour réaliser une vision de développement axée sur la durabilité, l’intégration et la résilience des infrastructures. Elle a ensuite ajouté que cette collaboration marquait une avancée significative dans la modernisation des infrastructures portuaires et maritimes des Comores, avec un projet de création d’une zone économique spéciale en perspective.

Le projet s’inscrit dans la Stratégie décennale 2024-2033 du Groupe de la Banque et les priorités définies par son président, Sidi Ould Tah. En construisant des infrastructures résilientes, le projet prévoit également le développement de chaînes de valeur agricoles et halieutiques, contribuant ainsi à la création de milliers d’emplois pour les jeunes et les femmes.

Laté Lawson Zankli, conseiller sur les programmes pays de la BAD, a ajouté que « ce projet phare du Plan Comores Émergent 2030 » participera à développer les chaînes de valeur dans l’agriculture et la pêche, tout en offrant des opportunités économiques à la jeunesse et aux femmes.

Le Groupe de la Banque africaine de développement a débuté sa coopération avec l’Union des Comores en 1977 et a depuis financé près de 40 projets pour un total d’environ 530 millions de dollars, touchant principalement les secteurs des transports, de l’énergie, de l’agriculture et de la gouvernance. Ce nouveau projet réaffirme l’engagement de l’institution à soutenir l’archipel dans son chemin vers un développement durable, inclusif et résilient.

En conclusion, cette initiative pourrait transformer non seulement le paysage économique des Comores, mais également renforcir leur position stratégique dans le contexte international, reliant plus étroitement les voies maritimes entre l’Afrique et l’Asie. Le succès du projet dépendra toutefois de la mise en œuvre efficace et de la collaboration continue entre les différents partenaires impliqués.