Un défunt nommé au Soudan du Sud : le président Kiir s’excuse et limoge deux aides clés
Nomination posthume au Soudan du Sud : une bourde administrative éclate
Au Soudan du Sud, une erreur inattendue a frappé les administrations en charge d’organiser les prochaines élections générales : un homme décédé depuis cinq ans, Steward Sorobo Budia, a été inopinément nommé dans un comité chargé des préparatifs électoraux.
L’incident a commencé le 30 janvier 2026, lorsque le président Salva Kiir a émis un décret nommant plusieurs figures dans un comité consultatif pour les élections prévues en décembre de la même année. Parmi ces désignations figurait Steward Sorobo Budia, une personnalité du Parti démocratique unifié, qui avait quitté ce monde en 2021.
La nouvelle, relayée par des médias locaux tels que Radio Tamazuj, a rapidement suscité des réactions ironiques et moqueuses sur les réseaux sociaux. Face à la pression publique, la présidence du Soudan du Sud a promptement reconnu l’erreur comme une « regrettable confusion administrative ». En réponse, le nom de Budia a été retiré de la liste, et des promesses ont été faites pour améliorer les processus de vérification.
Les répercussions ne se sont pas arrêtées là. Deux figures clés de l’administration ont été remerciées pour cette erreur : David Amour Majur, attaché de presse du président, ainsi qu’un administrateur du ministère des Affaires étrangères.
La famille de Budia a exprimé son mécontentement par une lettre datée du 2 février, réclamant des compensations d’ordre moral et culturel. Selon leurs traditions, mentionner un défunt sans leur consentement constitue une atteinte spirituelle, perturbant la quiétude de l’âme.
Cet incident intervient dans un pays dont l’histoire récente est marquée par de nombreux défis. Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud n’a encore jamais organisé d’élections nationales. Après une guerre civile dévastatrice de 2013 à 2018, les élections, initialement prévues pour 2024, ont été repoussées à 2026 suite à l’accord de paix de 2018.
Cet épisode souligne l’importance cruciale d’une gestion rigoureuse et précise dans un contexte politique fragile, où chaque erreur peut engendrer des réactions vives. Le pays, toujours en quête de stabilité, aura fort à faire pour regagner confiance et crédibilité aux yeux de sa population comme de la communauté internationale.