un programme innovant pour booster l’employabilité et l’entrepreneuriat dans l’Extrême-Nord
Le gouvernement camerounais a lancé, le 20 février 2026, à Maroua, un programme ambitieux intitulé « Bâtir les capacités et les compétences pour l’employabilité et l’entrepreneuriat dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun » (CAP2E). Ce programme vise à générer des emplois durables et inclusifs, en mettant l’accent sur le développement du capital humain, l’essor du tissu économique local et l’amélioration des infrastructures sociales.
La cérémonie a réuni plusieurs personnalités importantes, dont Midjiyawa Bakary, gouverneur de la région de l’Extrême-Nord, qui représentait le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire. Étaient également présents Mouhamed Gueye, chef de Division du capital humain à la Banque africaine de développement, ainsi que divers acteurs du secteur privé et des responsables de ministères. Le CAP2E se concentre sur trois axes principaux : le renforcement de la formation technique et professionnelle, le soutien au développement économique et entrepreneurial, et l’amélioration des infrastructures sociales.
« Ce programme offre des solutions concrètes aux défis majeurs tels que le chômage des jeunes, l’inadéquation entre les formations et les besoins du marché, la fragilité socio-économique et les effets du changement climatique », a déclaré Midjiyawa. Le programme prévoit la construction et l’équipement de 22 nouveaux centres de formation technique et professionnelle. L’objectif est d’améliorer les conditions de formation pour près de 30 000 jeunes, tout en augmentant de 20 % le nombre d’apprenants, dont 40 % seront des filles. Des cursus adaptés aux exigences du secteur privé seront également développés.
En parallèle, ce programme financera la réalisation de dix infrastructures collectives, telles que des marchés et des centres de services. Il prévoit également un soutien financier pour 1 400 petites et moyennes entreprises, ainsi que la réhabilitation de 15 hôpitaux, dix écoles et quatre centres de santé, adoptant une approche sensible au genre et résiliente face au changement climatique.
D’un point de vue financier, le CAP2E est une initiative novatrice pour le Cameroun et l’Afrique centrale, financée à hauteur de 89,2 milliards de francs CFA par la Banque africaine de développement. Il s’appuie sur un mécanisme de Financement axé sur les résultats (FAR), qui lie les décaissements à l’atteinte d’objectifs préalablement définis. Ce mécanisme a pour but de renforcer la performance et l’appropriation nationale des réformes, en tirant parti des systèmes internes.
« Le FAR favorise une coopération étroite entre la Banque et le gouvernement, centrée sur des résultats vérifiables », a expliqué M. Gueye. Ce système promet de rendre l’utilisation des fonds publics plus efficiente, en reliant directement l’endettement aux résultats concrets obtenus.
À l’horizon 2029, le CAP2E espère atteindre un taux d’insertion professionnelle de 80 % pour les diplômés de ses formations, ainsi que la création de 5 000 nouveaux emplois, dont 60 % seront réservés aux jeunes et 40 % aux femmes, intégrant également une part importante d’emplois verts. « Plus qu’un simple programme de financement, le CAP2E est un instrument de transformation et de résilience pour notre région. Sa réussite dépendra de notre capacité à travailler ensemble et à placer les résultats au cœur de nos actions », a souligné Alhadji Magra Massaou, coordonnateur du Programme spécial de reconstruction et de développement de la région de l’Extrême-Nord.
Le lancement officiel du programme a été précédé d’un atelier de démarrage du 17 au 19 février 2026 à Maroua. Cet atelier avait pour objectif de renforcer les capacités des instituts d’exécution ainsi que de rassembler les parties prenantes nationales et internationales autour du programme. À l’issue de cet événement, une délégation mixte de la Banque et du PSRDREN/MINEPAT a visité les futurs établissements de formation technique qui bénéficieront du CAP2E.
Ainsi, le programme CAP2E semble s’inscrire dans une démarche globale visant à revitaliser l’économie de l’Extrême-Nord du Cameroun, en répondant non seulement aux besoins immédiats en matière d’employabilité, mais aussi en se projetant vers un avenir durable et inclusif pour la région.