Une enseignante perd la vie lors des manifestations post-électorales à Garoua : quel impact sur la crise actuelle ?
Violentes manifestations à Garoua : la mort tragique d’une enseignante secoue la ville
Le 21 octobre 2025, la ville de Garoua, dans la région du Nord du Cameroun, a été le théâtre de violentes émeutes suite à l’annonce des résultats des élections, entraînant la mort tragique de l’enseignante Zouhaira.
Les troubles ont commencé après que la commission nationale de recensement général des votes a proclamé Paul Biya, le président sortant, vainqueur des élections tenues le 12 octobre. Cette annonce a provoqué la colère des partisans d’Issa Tchiroma Bakary, qui contestent les résultats et affirment qu’ils reflètent une manipulation. Frustrés par cet aboutissement, des milliers de manifestants se sont rassemblés dans les rues de Garoua pour exprimer leur désaccord. Les tensions se sont rapidement intensifiées, débouchant sur des affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestations.
Parmi les victimes de cette escalade de violence, Mme Zouhaira, âgée de 34 ans, a perdu la vie. Cette enseignante, travaillant dans une école primaire du quartier de Poumpoumré, a été tuée par une balle perdue alors qu’elle se trouvait dans un lieu public, loin des violences. Sa mort, tragiquement inattendue, a suscité une onde de choc au sein de la communauté. De nombreux habitants ont exprimé leur indignation, soulignant que le décès d’une éducatrice innocente illustre les méfaits de la violence politique et les conséquences néfastes des tensions sociales.
Le lendemain des événements, le 22 octobre, les funérailles de Mme Zouhaira ont eu lieu au cimetière de Laïndé Daneyel, également à Garoua. Les membres de sa famille et des amis, ainsi que des membres de la communauté, se sont réunis pour rendre hommage à cette femme dévouée à l’éducation des jeunes. La situation dans la ville demeure précaire, alors que plusieurs manifestants continuent d’exprimer leur mécontentement et leur conviction que les résultats des élections ont été falsifiés. Les partisans d’Issa Tchiroma Bakary affirment que le régime tente de « voler » la victoire de leur candidat, un sentiment qui galvanise encore plus leur volonté de protester.
Cet épisode tragique remet en lumière les enjeux politiques persistants au Cameroun. Les manifestations, qui se sont multipliées ces dernières années, montrent une fracture grandissante entre l’opinion publique et les autorités, ainsi qu’un besoin pressant d’un dialogue constructif pour résoudre les différends électoraux. La disparition de Mme Zouhaira rappelle les répercussions des conflits politiques sur des vies individuelles, souvent marquées par l’innocence et l’engagement social.
Alors que la ville de Garoua lutte pour rétablir un certain calme, ce drame soulève des questions essentielles sur les futures élections et la manière dont elles seront perçues par la population. Les tensions exacerbées par un climat de méfiance vis-à-vis des institutions publiques soulignent l’urgence d’un engagement en faveur de la paix et de la réconciliation dans le pays.