Une plongée dans l’histoire oubliée : le livre de Salma Mohamed Ishaq sur la tragédie de Kubkub.

Introduction

Le 17 septembre 2025, la professeure Salma Mohamed Ishaq a présenté son ouvrage intitulé « La boucherie de Kabkab (la tragédie obscurcie) » à l’UNAMA, qui explore les violences coloniales françaises et leurs conséquences durables sur la mémoire collective du Tchad.

Déroulement des faits

L’ouvrage, qui s’étend sur cent pages, allie histoire, analyse politique et perspective culturelle. Il invite les Tchadiens à raviver leur mémoire afin de construire un avenir meilleur. Dans sa première partie, Ishaq contextualise le massacre en décrivant Kabkab, une région stratégique mais négligée, tout en examinant les conditions de vie de ses habitants. Ces derniers, profondément ancrés dans leurs traditions, font face à des difficultés économiques accentuées par l’absence d’une réelle présence étatique. Elle fait également un inventaire des causes de cette tragédie, qui incluent les tensions politiques internes, les conflits communautaires, l’abus de pouvoir et le manque de justice.

Le deuxième chapitre s’intéresse à la principauté de Wadi sous le règne du cheikh Jamy, qui, gouvernée selon les préceptes de la charia, bénéficiait du soutien des leaders tribaux et religieux. Cette principauté, prospère grâce à l’agriculture, l’élevage et le commerce, était également connue pour ses mosquées qui servaient de centres d’enseignement. Elle entretenait des relations diplomatiques et commerciales avec des entités telles que Kanem-Bornu, Bagirmi et Dar Kouti.

Enfin, le troisième volet retrace l’histoire de la principauté islamique de Wadi, fondée au début du XVIIe siècle au sud de Darfour et à l’est de Kanem-Bornu. Ce territoire a constitué un carrefour stratégique reliant le bassin du lac Tchad à l’Afrique de l’Est et a joué un rôle prédominant dans le commerce des caravanes et la diffusion de l’islam.

Contexte ou impact

À travers cet ouvrage, l’auteure insiste sur l’importance de tirer des leçons des événements passés, soulignant la nécessité d’une prise de conscience individuelle et collective pour le progrès de la nation. En saturant le texte de références historiques, Ishaq rend hommage aux enseignants, chercheurs et citoyens qui œuvrent à la préservation de la mémoire collective et à la transmission du savoir. Ce livre constitue ainsi une ressource indispensable pour la compréhension de l’histoire du Tchad et encourage la jeunesse à poursuivre un chemin d’avancement et d’unité nationale.

Cet événement s’inscrit dans un contexte plus large de reconnaissance des blessures historiques et d’un besoin de réconciliation au sein des sociétés déchirées par des conflits passés. Le travail de Salma Mohamed Ishaq pourrait contribuer à une réflexion plus profonde sur le rôle des souvenirs historiques dans la construction de l’identité nationale.

Clôture naturelle

Avec « La boucherie de Kabkab », Salma Mohamed Ishaq offre un nouvel éclairage sur un épisode tragique de l’histoire tchadienne, tout en appelant à une responsabilité partagée pour préserver et transmettre un patrimoine mémoriel crucial.