Union européenne et FAO s’unissent pour faire de la spiruline une solution nutritionnelle et économique durable.
Une nouvelle impulsion pour la filière spiruline au Tchad
Le 26 mars 2026, le Tchad a marqué un tournant dans le développement de la filière spiruline avec le lancement officiel du projet « Nouvelles chaînes de valeur aquatiques » (NAVAC) lors d’une cérémonie au siège du Programme alimentaire mondial (PAM) à N’Djamena.
Cette rencontre, placée sous l’autorité de Moubarack Abakar Roubo, secrétaire général du ministère de la Production et de l’Industrialisation agricoles, a réuni divers acteurs clés, dont des représentants des ministères concernés, des partenaires techniques et financiers et des producteurs locaux. Ce projet, financé par l’Union européenne pour une durée de cinq ans, vise à établir des chaînes de valeur durables et résilientes pour les produits aquatiques, avec la mise en œuvre assurée par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le soutien technique de l’Université technique du Danemark.
Dans son discours, Moubarack Abakar Roubo a souligné la riche tradition de la spiruline au Tchad, qui est reconnue comme une source importante de protéines et de nutriments. Il a déclaré : « La spiruline a un réel potentiel économique, commercial et nutritionnel pour notre population. Pour réaliser ce potentiel, un financement adéquat est essentiel. »
Aristide Ongone Obame, représentant de la FAO au Tchad, a également évoqué la gravité de l’insécurité alimentaire à l’échelle mondiale. Selon le Rapport mondial sur les crises alimentaires 2023, plus de 250 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire aiguë. Dans ce contexte, il a affirmé que les produits aquatiques, et la spiruline en particulier, pouvaient constituer une réponse innovante face à la malnutrition, surtout chez les femmes enceintes et les jeunes enfants.
D’une portée régionale, le projet NAVAC s’inscrit dans un cadre plus large, intégrant des initiatives visant à améliorer la qualité et la rentabilité des systèmes alimentaires. En collaborant avec le programme PEA PAMELOT, mis en œuvre par la GIZ, le projet entend renforcer les capacités des producteurs, optimiser les méthodes de transformation et intégrer la spiruline dans les programmes de nutrition publique.
L’atelier qui a suivi la cérémonie a été une étape cruciale pour définir une vision commune et établir des priorités d’action. Les participants ont unanimement appelé à une coopération renforcée entre l’État et les acteurs privés ainsi qu’internationaux, dans le but de faire de cette filière un modèle de succès sur les plans nutritionnel et économique.
Cet événement marque une avancée significative vers la création de systèmes alimentaires plus résilients au Tchad, en consolidant le rôle de la spiruline dans l’économie du pays. La mise en œuvre de ces nouvelles initiatives pourrait bien transformer le secteur aquatique, offrant ainsi des perspectives prometteuses pour l’avenir nutritionnel et économique du pays.