Vendeuses nocturnes à N’Djamena : entre bravoure et mépris social, un défi quotidien.
Nuits agitées à N’Djamena : les vides de la vie nocturne des vendeuses à emporter
À la tombée de la nuit, les rues de N’Djamena s’animent, révélant une facette méconnue de la capitale. Des femmes, principalement des mères de famille, s’installent avec leurs braseros, prêtes à vendre patates grillées et criquets, forgeant ainsi une atmosphère vibrante et colorée. Cependant, sous cette apparente convivialité se cache une réalité difficile pour ces travailleuses de l’ombre.
Un quotidien ardu pour les vendeuses de rue
Chaque soir, dans différents quartiers de N’Djamena, des femmes exposent leurs marchandises sur des plateaux disposés à même le trottoir. Leurs cris résonnent pour attirer les clients tandis que les arômes des aliments grillés flottent dans l’air. « Nous sommes ici pour vendre, pas pour nous amuser. Pourtant, il arrive que certains hommes nous découragent avec des remarques déplacées », raconte une vendeuse de pommes de terre du quartier N’Djari, soulignant le mépris parfois ressenti.
Ces femmes, souvent seules, doivent jongler avec la chaleur du feu, la poussière ambiante et le regard des passants. Ce travail, bien qu’honnête, est parfois associé à des préjugés qui le dévalorisent. Elles sont également exposées à de nombreux dangers, notamment les accidents de circulation et le harcèlement, des réalités que certaines d’entre elles décrivent avec tristesse. « Nous n’avons qu’un désir : vendre pour nourrir nos enfants. Mais on nous traite souvent comme si notre activité était illégitime », s’attriste une vendeuse d’avocats.
Des histoires de survie
Ces femmes ne sont pas seulement des vendeuses ; elles servent souvent de soutiens pour leurs familles. « Je suis mère d’orphelins. Je vends au bord de la route pour assurer la nourriture, le loyer et les frais d’inscription de mes enfants », explique une autre vendeuse de patates grillées. Elles ne cherchent qu’à subvenir à leurs besoins, mais la stigmatisation qu’elles subissent est lourde à porter. « Entendre que les femmes qui travaillent la nuit n’ont aucune valeur, ça fait mal. Nous travaillons dur et honnêtement », éclaire une femme, les yeux voilés de larmes.
La présence de ces vendeuses est essentielle à la vitalité économique locale, apportant une alternative alimentaire à ceux qui rentrent chez eux tard le soir. Cependant, beaucoup d’entre elles exercent sans aucun statut, dans des conditions d’insécurité palpable, sans abri ni luminaires pour éclairer leur chemin.
Appel à la reconnaissance
La voix des vendeuses commence à résonner au-delà de la rue. Plusieurs militantes pour les droits des femmes s’élèvent pour réclamer un soutien accru. « Ces femmes sont de véritables battantes. Elles permettent à de nombreuses familles de se nourrir le soir. Elles méritent une protection et un respect », souligne une militante basée à N’Djamena.
Les autorités locales sont donc appelées à agir en faveur de ces entrepreneuses de la nuit, en créant des espaces sécurisés et éclairés afin qu’elles puissent travailler dans la dignité. Ce soutien est nécessaire pour garantir leur sécurité et préserver leur intégrité.
Une réalité nocturne marquée par l’angoisse
Chaque soir, à N’Djamena, une femme se prépare à vendre ses produits au bord de la route. Malgré son jeune âge, elle jongle avec la responsabilité de nourrir ses deux enfants. En s’installant avec son brasero sur la chaussée, elle s’expose à de multiples dangers : clients ivres, agents municipaux intrusifs et risques d’accidents. Sa réalité, comme celle de ses consœurs, est marquée par une angoisse omniprésente.
En somme, les nuits à N’Djamena révèlent un monde où les luttes des femmes s’entremêlent à leurs espoirs de survie. Au milieu des cris et des arômes, cette vie nocturne renvoie aux défis persistants que ces femmes doivent surmonter pour gagner leur place dans une société souvent réticente à leur accorder la reconnaissance qu’elles méritent.