Vers la fin des camps de réfugiés : le projet PACRAS ouvre de nouvelles perspectives pour les déplacés.
PACRAS : Le Tchad lance une initiative novatrice pour l’autonomie des réfugiés centrafricains
Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), en collaboration avec l’Union européenne et le gouvernement tchadien, a inauguré PACRAS, un projet visant à améliorer la vie de milliers de réfugiés centrafricains en favorisant leur autonomie.
Cette initiative a été officiellement présentée à Donia, dans la région du Logone Oriental, et se concentre sur l’intégration économique des 145 000 réfugiés centrafricains vivant au Tchad, dont certains ont fui leur pays il y a près de deux décennies. Le projet fait transition entre l’assistance humanitaire classique et un modèle d’inclusion économique durable.
Selon le communiqué diffusé lors de ce lancement, environ 4 000 réfugiés auront la possibilité de quitter les camps pour s’installer dans cinq villages du canton de Donia. Laura Rozo, cheffe de bureau du HCR à Goré, a souligné l’importance d’adapter la réponse humanitaire à une situation de déplacement prolongé en permettant aux familles de transcender une aide qui peut devenir chronophage.
Le financement de l’Union européenne, représentant un investissement total de 2 milliards de francs CFA, ne se limite pas à la relocalisation des familles. Le PACRAS se propose également de revitaliser le secteur agricole en encourageant une collaboration entre réfugiés et populations locales pour cultiver collectivement la terre, augmentant ainsi la production agricole de la région.
Outre les aspects agricoles, le projet prévoit le renforcement des infrastructures essentielles telles que des écoles, des centres de santé et des systèmes d’approvisionnement en eau, garantissant ainsi un accueil digne pour les nouveaux résidents. Un soutien spécifique sera apporté à la commercialisation des récoltes, avec pour objectif d’animer les marchés locaux, comme l’indique le communiqué.
Le projet PACRAS intègre également une démarche environnementale, visant à prévenir les tensions liées à l’exploitation des ressources naturelles. Pour cela, 5 000 arbres seront plantés et 1 000 foyers améliorés seront distribués, contribuant ainsi à une gestion plus durable de l’environnement.
Cette approche holistique du PACRAS aspire à favoriser une coexistence pacifique entre nouveaux arrivants et populations autochtones. Cette volonté de cohabitation harmonieuse a été mise en avant lors de la cérémonie de lancement, réunissant plus de 120 dignitaires, chefs traditionnels et représentants communautaires, et a été saluée par les autorités de l’Union européenne.
Avec plus de 1,5 million de réfugiés sur son territoire, le Tchad se positionne comme un acteur clé de l’accueil des réfugiés en Afrique, notamment en raison de sa proximité avec des pays en crise tels que le Soudan, le Nigeria et la République centrafricaine. Le PACRAS pourrait représenter un modèle inspirant, transformant des crises prolongées en opportunités de développement partagé, démontrant ainsi que la solidarité et la prospérité économique peuvent aller de pair.
Cette initiative illustre les efforts déployés par le Tchad pour répondre aux défis liés aux flux migratoires tout en s’efforçant de créer des perspectives d’amélioration pour les populations vulnérables.