Vers une meilleure représentativité : le Conseil islamique s’ouvre à de nouvelles voix.
Réforme au Conseil National des Affaires Islamiques du Tchad : Vers une nouvelle dynamique religieuse
La transformation du Conseil supérieur islamique (CSI) en Conseil national des affaires islamiques du Tchad (CNAIT) signale un tournant important dans l’organisation et la gouvernance des affaires religieuses dans le pays.
Fin 2025 et début 2026, des tensions ont émergé au sein des différentes confréries musulmanes, chacune cherchant à défendre ses intérêts spécifiques. Cependant, des changements notables sont survenus dans la composition du conseil, avec des nominations mixtes incluant des membres de la confrérie Tabligh dans des postes de vice-présidence, et des Sunites accédant à la fonction de troisième vice-président. Ces évolutions traduisent une volonté de diversification et d’intégration.
Récemment, les membres du Conseil supérieur des affaires islamiques ont été convoqués pour une réunion urgente. Certains participants étaient déjà informés des objectifs de la rencontre, tandis que d’autres tentaient encore de saisir l’ampleur des enjeux discutés. Au centre des échanges, une révision en profondeur de l’organe religieux longtemps dominé par la confrérie Tidjaniya. L’un des objectifs principaux était d’élargir le bureau exécutif pour inclure des cadres issus d’autres courants islamiques.
Face à cette dynamique, une nouvelle configuration a été mise en place. Des questions subsistent quant à la potentialité d’un changement de président, Cheikh Khatir étant remplacé par son vice-président, qui occupe également le poste de secrétaire général. Des rumeurs parlent même d’un changement dans la dénomination de l’institution.
Avec cette réforme, le CNAIT se compose désormais de quarante-trois membres, incluant un président, trois vice-présidents, un mufti-imam de la Grande Mosquée, un secrétaire général et son adjoint, ainsi que dix-huit secrétaires nationaux et autant de membres. Cette nouvelle équipe a été installée par le ministre d’État, Liman Mahamat, et marque une tentative de mieux refléter la diversité de l’espace musulman tchadien. Toutefois, les réactions au sein de la jeunesse musulmane sont partagées.
Certains militent en faveur de cette réforme, la considérant comme une avancée vers une représentation plus équilibrée des différentes tendances islamiques. D’autres soulignent que les postes clés auraient pu être davantage confiés à de jeunes leaders dynamiques, tant issus de la Tidjaniya que des courants sunnites. Plusieurs voix se sont élevées en faveur d’Abakar Walar, le nouveau secrétaire général, reconnu pour son profil fédérateur et ses compétences linguistiques – maîtrisant l’arabe, le français et l’anglais.
La transformation du Conseil supérieur des affaires islamiques du Tchad en Conseil national des affaires islamiques du Tchad symbolise une nouvelle ère dans la gestion des affaires religieuses. Cheikh Abdedaim Ardoulaye Ousmane a été désigné président du CNAIT, secondé par trois vice-présidents, tandis que Cheikh Ahmat Annour Alhelou occupe le rôle de mufti et imam de la Grande Mosquée Roi Fayçal.
Dr Abakar Walar, en tant que secrétaire général, est chargé de diriger un bureau national renouvelé, dont la structure a été élargie pour améliorer la coordination et la représentativité. L’un des objectifs majeurs de cette réforme est de renforcer la position du CNAIT en tant que référence nationale dans le domaine des affaires islamiques, tout en promouvant la cohésion sociale et l’accompagnement spirituel.
Cette évolution au sein du CNAIT intervient dans un contexte où les attentes de la communauté musulmane tchadienne sont plus vives que jamais. La diversité au sein de l’équipe dirigeante pourrait favoriser un dialogue plus inclusif entre les différentes tendances islamiques. Toutefois, l’impact réel de ces changements sur la pratique religieuse et la cohésion au sein de la communauté musulmane ne manquera pas de susciter des débats dans les mois à venir.