Vers une transition énergétique : l’intégration massive des infrastructures transformera notre quotidien.

L’Afrique à l’heure des grandes ambitions énergétiques

La Chambre africaine de l’énergie (AEC) organisera une table ronde stratégique sous le thème « Développer l’énergie et les infrastructures à grande échelle » lors du prochain Forum du G20 sur l’investissement énergétique en Afrique, prévu à Johannesburg. Cet événement rassemblera financiers, décideurs politiques et développeurs visant à explorer des avenues pour mobiliser à la fois des capitaux publics et privés en faveur des énergies renouvelables et du développement des infrastructures à travers le continent.

L’essor du secteur des énergies renouvelables en Afrique souligne l’urgence d’investissements massifs. À titre d’exemple, en Afrique de l’Ouest, le projet porté par l’Organisation pour la mise en valeur du bassin du fleuve Gambie, soutenu par la Banque africaine de développement, prévoit un investissement régional de 880 millions d’euros. Ce projet comprend une ligne de transport de 1 677 km et 225 kV reliant quatre pays : Gambie, Guinée, Guinée-Bissau et Sénégal. Cette initiative renforce non seulement l’intégration régionale, mais contribue aussi au développement des infrastructures à grande échelle sur le continent. Par ailleurs, des données récentes révèlent une augmentation record des importations de panneaux solaires en Afrique, ainsi que des projets liés aux énergies renouvelables à grande échelle, indiquant que le continent est prêt pour une nouvelle génération d’initiatives énergétiques.

Au cours de cette table ronde, plusieurs questions cruciales seront abordées. Les participants examineront notamment comment équilibrer la production d’énergies renouvelables intermittentes avec une production de base fiable, l’intégration des technologies de stockage et de réseaux intelligents. Les gouvernements seront également interpellés sur les modèles et outils à mettre en place pour transformer les ambitions énergétiques à grande échelle en projets viables et attirants pour les investisseurs. De plus, le rôle de l’intégration régionale sera discuté en termes de réduction des coûts et de renforcement de la sécurité énergétique collective. Les opportunités d’intégrer des sources d’énergie non solaires, telles que le nucléaire et la géothermie, dans des systèmes à forte composante renouvelable seront également passées en revue, dans le cadre des objectifs de zéro émission nette.

« Notre continent est prêt pour des infrastructures énergétiques à grande échelle qui ne se limitent pas à apporter des mégawatts, mais engendrent une transformation durable », a déclaré NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC. Il a ajouté : « Lors de cette session, nous allons déterminer comment l’Afrique peut attirer des capitaux réels, déployer des infrastructures intelligentes et construire des systèmes électriques qui allient ambition et réalisme. Cela s’inscrit parfaitement dans le programme du G20 axé sur l’infrastructure, l’accès, la sécurité et la croissance propre, qui est essentiel pour l’avenir de notre continent. »

Alors que les systèmes énergétiques africains entrent dans une nouvelle phase d’expansion et d’ambition, le Forum du G20 sur l’investissement énergétique en Afrique constitue une plateforme cruciale pour mettre en synergie politiques, projets et financements. Avec sa session dédiée à l’énergie et aux infrastructures à grande échelle, ce rassemblement souligne l’émergence de l’Afrique, non plus seulement comme un bénéficiaire passif des investissements mondiaux, mais comme un acteur clé dans le développement de systèmes énergétiques intégrés et résilients, capables de répondre aux exigences d’échelle et de rapidité exigées par le cycle d’investissement 2025-2030.

En somme, le prochain Forum du G20 vient renforcer la position de l’Afrique sur la scène mondiale en matière d’énergie, tout en invitant à une réflexion approfondie sur des projets concrets et durables qui pourraient transformer le paysage énergétique du continent.