Violence à Jos : au moins 10 morts lors du Dimanche des Rameaux noirs

Une attaque armée frappe Angwan Rukuba, provoquant l’effroi des habitants

Dimanche soir, Angwan Rukuba, un quartier densément peuplé de la région de Jos Nord, a été le théâtre d’une attaque armée chaotique qui a laissé la communauté sous le choc.

Des assaillants, au nombre d’environ vingt, sont arrivés à moto et vêtus d’uniformes semblables à ceux de l’Agence nationale de lutte contre le trafic de drogue (NDLEA). Cette discrétion a permis aux intrus d’accéder au quartier sans éveiller de soupçons. Les habitants, témoins de la scène, ont rapporté qu’ils ne se doutaient de rien jusqu’à ce que les tirs commencent. « Ils sont arrivés comme des agents officiels. Personne ne s’est douté de rien », a confié un résident, décrivant l’atmosphère de confusion et de panique qui a rapidement pris le dessus.

Les hommes armés se sont ensuite dispersés à travers plusieurs zones du quartier, notamment à Gari Yawaye, tirant sporadiquement et causant de nombreuses blessures. Des témoins ont observé une interaction brève entre les assaillants et les habitants, avant que ces derniers ne commencent à ouvrir le feu, soulignant la soudaineté de l’attaque.

Affirmant qu’ils étaient sur place après le départ des assaillants, les forces de sécurité n’ont pas pu confirmer le déroulement exact de leur intervention. Face à cette violence inouïe, le gouvernement de l’État de Plateau a instauré un couvre-feu de 48 heures dans le nord de Jos pour prévenir d’éventuels troubles. Le gouverneur Caleb Manasseh Mutfwang a condamné ces actes, qualifiant l’attaque de « barbare ». Il a affirmé que des mesures seraient prises pour appréhender les responsables et a appelé la population à demeurer calme et à coopérer avec les forces de sécurité.

L’impact de ces violences s’étend au-delà du quartier touché, avec l’Université de Jos qui a annoncé le report des examens prévus pour lundi et mardi, invoquant des préoccupations de sécurité pour les étudiants et le personnel. De nombreux étudiants vivent dans les zones affectées et étaient potentiellement en danger.

Aucune revendication n’a été faite concernant cette attaque, et l’identité des assaillants demeure inconnue. Cependant, les récits contradictoires des habitants illustrent la complexité des enjeux de sécurité dans la région, où s’entremêlent insurrection, banditisme et tensions communautaires. Jos et ses environs, notamment l’État du Plateau, ont subi des attaques récurrentes, souvent le résultat de conflits liés à la terre, à des différences ethniques ou religieuses.

Cette attaque survient près d’un an après un attentat meurtrier survenu durant le Dimanche des Rameaux, qui avait coûté la vie à de nombreuses personnes. Cet incident meurtrier a ravivé les craintes des habitants concernant leur sécurité dans un contexte où la violence semble devenir une norme préoccupante, même dans les zones urbaines.

Alors que les autorités renforcent la sécurité et que l’enquête suit son cours, les familles pleurent leurs proches et la ville se retrouve une fois de plus confrontée aux conséquences d’une violence inopinée. La tristesse et la colère des habitants soulignent l’urgence d’une réponse qui permettra de restaurer un semblant de paix et de sécurité dans cette région en proie à l’instabilité.