Violences conjugales au Tchad : dialogue et protection des victimes

Les violences basées sur le genre (VBG) demeurent un défi majeur au Tchad, affectant particulièrement les femmes à travers une variété de manifestations telles que les violences conjugales, les agressions physiques, le harcèlement, les violences sexuelles et verbales. Ces actes de violence restent souvent tus par les victimes en raison de la peur, de la honte, de la dépendance économique ou encore de l’influence de leur environnement social.

Wouténé Mélissa, présidente de l’Association des Féministes et Leaders pour l’Accès aux Droits et à l’Équité des Genres au Tchad (AFLADEGT), a partagé ses perspectives sur cette problématique lors de son passage dans la matinale de Tchadinfos. Elle a mis en avant l’urgente nécessité d’offrir un meilleur accompagnement aux victimes tout en promouvant le dialogue comme moyen privilégié de résolution des conflits conjugaux.

Selon Mélissa, l’une des principales difficultés rencontrées par les femmes souhaitant échapper à un environnement violent est l’absence de solutions d’accueil et de protection accessibles. Elle s’est interrogée sur les structures présentes pour offrir un refuge aux femmes quittant leur foyer et sur le rôle des institutions judiciaries dans la protection de ces victimes.

L’approche préconisée par la militante ne s’arrête pas à la condamnation des actes de violence. Elle souligne que le dialogue doit être central dans la gestion des conflits conjugaux, tout en admettant que la séparation représente parfois une issue plus sûre lorsque la cohabitation devient dangereuse. Pour Mélissa, aucune circonstance ne peut justifier la violence. « Tout peut s’arranger par le dialogue. C’est mieux qu’on se sépare en beauté que de rester et de faire du mal », a-t-elle affirmé.

Elle a relevé que les VBG exercent leur emprise non seulement à travers les agressions physiques mais aussi via les paroles, une forme de violence qui est souvent sous-estimée. « Les violences verbales sont parmi les plus récurrentes dans un foyer », a-t-elle précisé, appelant ainsi à une prise de conscience élargie sur la diversité des formes que peuvent revêtir les violences domestiques.

Afin d’éviter que les conflits ne s’aggravent, Wouténé Mélissa encourage une plus grande communication au sein des couples. Elle insiste sur le fait que la capacité d’exprimer ouvertement ses frustrations et difficultés peut éviter l’escalade. « Quand on communique mieux, on parvient à extérioriser tout ce qu’on a dans le cœur et ça soulage », a-t-elle affirmé, soulignant l’importance du dialogue pour prévenir et désamorcer les tensions domestiques.

Alors que le phénomène des violences conjugales continue de toucher de nombreuses vies au Tchad, il devient impératif pour le réseau associatif, les autorités et l’ensemble de la société de collaborer afin d’instaurer des mécanismes de soutien plus efficaces et accessibles pour les victimes. En parallèle, sensibiliser sur l’importance du dialogue dans les relations pourrait constituer un pas significatif vers la réduction de ces violences.

Ce plaidoyer pour le dialogue et la protection des victimes suit une prise de conscience croissante dans le pays, où des initiatives telles que l’engagement de plus de 4 000 jeunes dans le Logone occidental contre les violences de genre témoignent d’un changement perceptible vers une société plus sécurisée et équitable.