171 ans pour l’égalité des sexes, selon l’ONU

Égalité des sexes : 171 ans pour combler le fossé, prévient l’ONU

Dans un constat alarmant, le rapport intitulé « Gros plan sur l’égalité des sexes 2026 » publié par ONU Femmes et le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (DAES) le 17 septembre affirme qu’au rythme actuel, le monde pourrait encore prendre 171 ans pour atteindre une véritable égalité des sexes.

Les auteurs du rapport dressent un tableau préoccupant du statu quo. Depuis 2020, 54 pays ont enregistré une diminution de la représentation féminine au Parlement, une statistique qui contredit les aspirations vers une égalité politique. Cette tendance à la baisse s’ajoute à une situation déjà critique concernant les violences faites aux femmes : environ 840 millions de femmes, soit près d’une sur trois, ont subi des violences conjugales ou sexuelles, chiffre demeurant à peu près inchangé depuis l’an 2000.

Un autre aspect inquiétant souligné est la baisse du financement accordé aux organisations de défense des droits des femmes, qui a chuté de 28 %. Ces dernières, pourtant essentielles, ne reçoivent qu’une fraction infime – moins de 1 % – de l’aide au développement consacrée à l’égalité des sexes. Les défis s’accumulent également sur le plan institutionnel : au cours des deux dernières années, une institution sur trois dédiée à l’égalité des sexes a vu son influence décliner.

Concernant l’Objectif de développement durable 5, visant à atteindre l’égalité des sexes et à autonomiser toutes les femmes et les filles d’ici 2030, le rapport révèle que nul indicateur n’est actuellement sur la bonne voie. C’est un signal d’alerte alors que paradoxalement, plusieurs preuves démontrent que quand les femmes occupent des postes à responsabilité, les sociétés tendent à être plus fortes, les économies plus solides, et les résultats positifs se multiplient, notamment en matière de paix, d’éducation, de changement climatique et de réduction de la pauvreté.

Cependant, les femmes restent sous-représentées dans des positions de pouvoir. Dans le monde, six pays sur sept sont encore dirigés par des hommes, tandis que seulement 5,8 % des postes de direction générale au sein des grandes entreprises cotées sont occupés par des femmes.

Sima Bahous, Directrice exécutive d’ONU Femmes, insiste sur l’importance de l’accès égal au pouvoir pour parvenir à l’égalité. Elle appelle à des investissements urgents dans les institutions et dans les systèmes statistiques pour renverser la tendance actuelle. « L’égalité ne peut attendre, et le monde ne peut pas se permettre de faire marche arrière », avertissent les auteurs du rapport.

Ce rapport est un appel à une mobilisation renforcée dans la lutte pour l’égalité des sexes, en soulignant qu’il est indispensable de s’engager activement pour réduire significativement le temps prévu pour combler ce fossé. L’égalité des sexes, en tant que moteur de changement, ne peut être une aspiration lointaine. Pour faire avancer le progrès humain, elle doit devenir une réalité tangible plus tôt.