Abdoulaye Miskine écoppe de 15 ans de prison

Abdoulaye Miskine condamné à 15 ans de prison à N’Djamena

N’Djamena – Ce mercredi 9 septembre 2026, la cour criminelle de N’Djamena a prononcé son verdict tant attendu dans l’affaire impliquant l’ancien chef de guerre centrafricain, Abdoulaye Miskine, et trois de ses coaccusés. Miskine a été condamné à une peine de 15 ans de prison ferme assortie de circonstances atténuantes, tandis que ses complices ont chacun écopé de 10 ans de prison. Ce jugement met temporairement un terme à une affaire qui s’éternisait depuis plusieurs années.

Les poursuites contre Abdoulaye Miskine incluaient des accusations graves telles que mouvement insurrectionnel, assassinat, enlèvement, séquestration et viol. En plus de sa condamnation pénale, Miskine se voit imposer l’obligation de verser 30 millions de francs CFA à chaque famille des victimes.

La décision de la justice tchadienne marque la conclusion d’un procès qui avait débuté la semaine précédente. Les audiences s’étaient succédé jusqu’à ce que l’affaire soit mise en délibéré, aboutissant à la sentence de ce mercredi. Cette issue laisse néanmoins un goût mitigé parmi les parties civiles. Me Ahmat Abderrahmane a salué le verdict tout en exprimant des réserves, affirmant : « Nous sommes satisfaits de la décision, mais cette satisfaction est partielle car toutes nos réclamations n’ont pas été prises en compte. »

L’avocat a particulièrement déploré que la cour n’ait pas requalifié les infractions en crimes contre l’humanité, ce qui aurait pu entraîner une peine plus sévère, potentiellement la réclusion à perpétuité. Malgré cela, Me Abderrahmane a souligné le semblant de soulagement que pourrait apporter cette décision aux victimes : « Cela va permettre aux victimes d’observer un peu de justice. Ce dossier dure depuis plus d’une décennie. Il est crucial que les réparations ordonnées par la cour allègent leur douleur. »

En parallèle, la défense, représentée par Me Goïlar Ndjedubum, a exprimé sa déception face au verdict. Dès la sortie de l’audience, l’avocat a déclaré : « Nous, en tant que conseil des accusés, sommes déçus. Nous estimons que le droit n’a pas été entièrement respecté. Nous n’accepterons pas cette décision et continuerons la procédure. »

Résolu à ne pas en rester là, Me Ndjedubum a signalé une intention de faire appel devant la Cour suprême, affirmant que « tout n’est pas fini. Nous poursuivons la bataille judiciaire pour que la raison et le droit prévalent. » Cette étape à venir laisse entrevoir une prolongation de la saga judiciaire pour Miskine et ses coaccusés.

Le dossier judiciaire s’ajoute ainsi à une liste de contentieux complexes qui étirent les voies de la justice au Tchad, illustrant les défis qui entourent le traitement de dossiers impliquant d’anciens chefs de guerre et leurs exactions présumées. L’issue de cette affaire pourrait avoir de larges implications politiques et sociales, non seulement pour le Tchad, mais également dans la région affectée par des années de conflits. En attendant, l’attention se tourne désormais vers la Cour suprême pour le prochain chapitre de cette affaire emblématique.