Incivisme : la mairie de N’Djamena dénonce la défécation publique

La question de la défécation à l’air libre anime les débats à N’Djamena. C’est lors de l’émission matinale de Tchadinfos ce mardi 8 septembre que le problème a été abordé, mettant en lumière les critiques sur le civisme et l’état des infrastructures. Depuis plusieurs semaines, la mairie de la capitale tchadienne a initié une campagne de répression contre ce fléau, assortie d’amendes, soulevant des interrogations sur les causes profondes de cette pratique.

Youssouf Saleh Abdoulaye, directeur de l’Assainissement, de l’Environnement et de la Santé à la mairie de N’Djamena, estime que le problème relève davantage d’une habitude bien ancrée que d’un simple manque d’infrastructures sanitaires. « La défécation à l’air libre constitue une véritable problématique de santé publique », a affirmé M. Abdoulaye. Il précise que les sanctions appliquées par la mairie ont pour but d’accompagner une politique globale d’assainissement et ne visent pas à engranger des recettes.

La mairie, souligne le directeur, ne se donne pas pour mission de construire des toilettes dans chaque ménage. L’accent est plutôt mis sur les lieux publics tels que les marchés, les gares routières et les places publiques. Bien que réticent à fournir un chiffre précis sur le nombre de toilettes publiques disponibles, M. Saleh a cité la Place des Nations qui, selon lui, abrite quatre blocs de six compartiments chacun, accessibles gratuitement afin d’encourager leur usage.

Cependant, malgré ces efforts, la défécation à l’air libre persiste. Pour M. Saleh, lorsque des toilettes sont mises à disposition et que les habitants continuent de ne pas s’en servir, le problème ne réside plus dans le manque d’infrastructures mais dans le manque de civisme. Il reconnaît toutefois un déficit existant d’infrastructures sanitaires, mais insisterait sur la nécessité de ne pas limiter le débat à cet aspect, soulignant l’importance de changer les habitudes.

Il cite en exemple les stations-service où les toilettes sont accessibles à tous sur simple demande ainsi que les viaducs, souvent nettoyés mais rapidement souillés à nouveau. Selon lui, l’éducation constitue le levier fondamental pour lutter contre cette pratique. « Cela commence dans chaque foyer. Construire une maison coûteuse devrait inclure la construction de toilettes adéquates », martèle-t-il, rappelant l’époque où la police municipale effectuait du porte-à-porte pour encourager la propreté.

En outre, M. Saleh appelle à une mobilisation générale et souligne l’importance des médias dans cette lutte. « Les médias ont un rôle pivot pour changer les comportements grâce à leur large audience », souligne-t-il. La mairie de N’Djamena espère ainsi influer sur les comportements des habitants et endiguer la pratique de la défécation à l’air libre, qui pose un défi de santé publique et de vivre ensemble.

En conclusion, la résolution de cette problématique à N’Djamena semble reposer sur un équilibre entre amélioration des infrastructures et sensibilisation aux bonnes pratiques d’hygiène. Bien que des efforts importants soient déjà déployés pour éradiquer cette pratique, il apparait clair que le changement des comportements reste un défi majeur pour l’administration locale.