Ali Bongo Ondimba : Un chapitre clos

Ali Bongo Ondimba : « Ce chapitre de ma vie est clos »

Trois ans après le coup d’État du 30 août 2023 qui a marqué la fin de son règne de quatorze ans, l’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba a choisi de sortir de son mutisme. Dans un entretien exclusif accordé à Info241, publié le 22 août 2026, Ali Bongo a déclaré qu’il ne compte plus se présenter à aucun mandat électif, mettant ainsi un terme à sa carrière politique de premier plan. « Je ne me présenterai plus à des élections. Ce chapitre de ma vie est clos », a affirmé l’ancien chef de l’État.

Bien que ses ambitions politiques soient désormais derrière lui, Ali Bongo Ondimba, qui reste président du Parti démocratique gabonais (PDG), entend conserver un rôle actif sur la scène politique en préparant la relève. Il a exprimé sa volonté de « passer le flambeau » à une nouvelle génération de leaders gabonais. « Ma mission est de faire en sorte qu’une alternative existe pour le peuple gabonais, s’il le souhaite. Ensuite, mon intention est de m’effacer pour lui laisser la place. C’est ainsi que l’on sert lorsque l’on a déjà occupé toutes les fonctions », a-t-il expliqué.

Résidant à l’étranger pour des raisons qu’il qualifie d’évidentes, l’ancien président n’exclut pas un retour en terre gabonaise, à condition que la sécurité et le droit soient assurés pour lui et sa famille. Il a également insisté sur le fait que son retour dépendrait de l’établissement de conditions de sécurité favorables.

Remontant le fil de sa mémoire, Ali Bongo Ondimba a revisité les événements du jour du coup d’État, affirmant avoir appelé au calme. Il a nié toute implication dans des violences pour se maintenir au pouvoir. À propos de son cousin, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, actuel président de transition au Gabon, il a évoqué la confiance qu’il lui avait autrefois accordée. « L’histoire et le peuple gabonais jugeront », a-t-il déclaré.

En ce qui concerne sa gouvernance, Ali Bongo a pris la défense de son épouse Sylvia Bongo et de leur fils Noureddin Bongo Valentin face aux allégations selon lesquelles ils auraient dirigé le pays par procuration, surtout après l’accident vasculaire cérébral qui l’a frappé en 2018. Il a tenu à préciser que toutes les décisions présidentielles émanaient de lui. De plus, il a condamné les accusations portées contre ses proches, qui ont été poursuivis en justice en son absence, et a appelé à ce que la vérité soit établie devant les tribunaux.

Quant à son bilan, l’ancien président revendique certains succès dans les domaines des infrastructures, de la protection des forêts, et de la lutte contre les inégalités. Toutefois, il admet que son mandat a rencontré des obstacles, tels que « des problèmes systémiques hérités, des choix de personnes imparfaits, et des défis comme le coût de la vie, le chômage des jeunes et la dette ». Ali Bongo reconnait la nécessité de recevoir et comprendre la critique, affirmant qu’ « un président qui ne comprend pas la critique n’a rien compris à son rôle ».

Ce discours intervient alors que le Gabon s’apprête à commémorer le troisième anniversaire du coup d’État qui a mis fin à plus de cinquante ans de pouvoir de la famille Bongo. Dans cette nouvelle phase de sa vie, Ali Bongo Ondimba dit vouloir se tourner vers la transmission de ses expériences à la jeune génération, tout en restant fortement attaché à son pays.