Diagnostic précoce : clé de guérison pour le cancer du sein au Tchad

Cancer du sein au Tchad : l’importance cruciale du dépistage précoce

Le cancer du sein demeure une préoccupation de santé publique majeure au Tchad, où le diagnostic tardif et les difficultés d’accès au traitement empêchent souvent une prise en charge efficace. Le Dr Adawaye Gadam Hassane, médecin radiologue au CHU de la Référence Nationale, souligne que la clé pour vaincre cette maladie réside dans le dépistage précoce. Lors de son intervention dans l’émission La Matinale de Tchadinfos, le Dr Hassane a mis en évidence les défis auxquels le pays est confronté dans la lutte contre le cancer du sein, y compris le recours fréquent aux traitements traditionnels et le coût élevé des soins médicaux.

Le cancer, explique le Dr Hassane, résulte d’une prolifération anarchique de cellules ayant subi une mutation génétique, touchant l’ADN. Contrairement à une croyance répandue, maintenir une alimentation saine ne suffit pas à prévenir cette maladie, car elle peut toucher n’importe quel individu indépendamment de son mode de vie. En 2022, un cas de cancer du sein a été diagnostiqué chez une patiente âgée de seulement 20 ans, illustrant que cette pathologie peut survenir à tout âge.

Le cancer du sein peut évoluer de manière insidieuse, sans causer de douleur initiale. Les signes d’alerte incluent l’apparition d’une masse dans le sein, un écoulement mammaire, une asymétrie ou encore la présence d’une masse dans l’aisselle. Détecter ces symptômes tôt est crucial pour obtenir un traitement efficace. Le Dr Hassane insiste sur l’importance de l’échographie et de la mammographie, les principaux outils de diagnostic au Tchad, pour identifier et caractériser les lésions potentielles. En cas de suspicion, une biopsie guidée peut confirmer le diagnostic, tandis que le scanner et l’IRM, disponibles à l’Hôpital de la Renaissance, permettent de réaliser le bilan d’extension et d’assurer le suivi de la maladie.

Le Dr Hassane affirme qu’un diagnostic précoce augmente significativement les chances de guérison complète, avec un taux de succès de 90 % si le cancer est détecté à un stade précoce. En revanche, un diagnostic tardif entraîne des traitements plus lourds et coûteux, diminuant les chances de succès.

Pour améliorer la situation, le Dr Hassane appelle à intensifier les efforts de sensibilisation et à mettre en place des dépistages réguliers et accessibles. Il recommande une autopalpation fréquente et des consultations immédiates en cas de signe suspect, quel que soit l’âge. Il conseille également un dépistage tous les deux ans à partir de 45 ans, voire plus tôt pour ceux ayant des antécédents familiaux de cancer du sein.

De plus, le radiologue souligne l’importance de déployer des mammographes mobiles afin de garantir l’accès au dépistage dans les zones reculées du pays, suivant l’exemple d’autres nations africaines. Le renforcement des compétences des professionnels de santé est également essentiel pour garantir l’efficacité des dispositifs médicaux.

Bien que le Programme national de lutte contre le cancer déploie déjà des efforts dans cette direction, le Dr Hassane insiste sur la nécessité d’une approche multidisciplinaire de la prise en charge du cancer du sein. Il conclut que le dépistage précoce est une stratégie non seulement pour réduire le nombre de cas, mais aussi pour améliorer considérablement les chances de traitement réussi et de guérison, faisant ainsi de lui un élément déterminant dans la lutte contre cette maladie au Tchad.