Alladoumbaye Ndilabaye Djiraïbé, icône du théâtre et cinéma
Alladoumbaye Ndilabaye Djiraïbé : Un pilier du théâtre et du cinéma tchadien
À Sarh, chef-lieu de la province du Moyen-Chari, Alladoumbaye Ndilabaye Djiraïbé s’est imposé comme une figure emblématique du théâtre et du cinéma au Tchad. Né en 1956 à Massa Mission, dans le deuxième arrondissement de Koumra, province du Mandoul, Alladoumbaye a traversé des expériences personnelles marquantes. Il grandit dans une famille nombreuse, mais les épreuves de la vie le laissent comme l’unique survivant parmi ses frères et sœurs, un parcours qui influencera profondément son œuvre artistique.
Avant de s’engager pleinement dans le monde des arts, Alladoumbaye a d’abord poursuivi une carrière à la Compagnie sucrière du Tchad (CST), où il a assumé diverses responsabilités en ressources humaines. Malgré son engagement professionnel, sa passion pour le théâtre ne l’a jamais quitté. Adolescent, il était déjà connu pour son sens du comique et son habileté à faire rire.
Son entrée dans le monde du théâtre a été grandement influencée par les figures de Djimoudal Djoïngar et Ndjalway Ngardidonon. Sous leur mentorship, il a découvert une vocation qui allait définir sa vie. Par la suite, il s’est ensuite aventuré dans le cinéma, en commençant par des productions locales à Sarh, notamment au SAVE.
Au fil des ans, Alladoumbaye a participé à plusieurs films populaires comme « Pour un vœu », « Moussa et Christian » et « Madion ». Ces œuvres abordent des sujets de société tels que le vivre-ensemble, l’excision et les défis quotidiens auxquels fait face la population tchadienne. Selon lui, le cinéma doit non seulement divertir mais aussi provoquer la réflexion. Il souligne que chaque film qu’il réalise contient une leçon de morale, souvent centrée sur la cohabitation pacifique et la sensibilisation à des problématiques telles que l’excision.
Faire du cinéma au Tchad est un défi de taille. Alladoumbaye souligne les obstacles tels que le manque de moyens financiers, les conditions de tournage difficiles et la piraterie. « Franchement, tourner un film, ce n’est pas du tout facile, surtout au Tchad et plus principalement en province. À l’école, on tournait les films avec une seule caméra, une caméra à bande cassette. Imaginez un peu la suite. Aujourd’hui, les jeunes ont de la chance avec les nouvelles technologies », déclare-t-il. Cette détermination et sa passion inébranlable lui permettent de persévérer dans son métier.
Alladoumbaye espère voir le cinéma tchadien obtenir une reconnaissance accrue. Il aspire à une valorisation de cette discipline, espérant qu’elle soit enseignée dans les écoles et les universités afin de former une nouvelle génération d’artistes. Pour lui, la clé de la réussite dans ce domaine est la passion, la patience, la discipline et l’humilité.
Pour soutenir le développement du cinéma local, il a contribué à la création d’une organisation regroupant les comédiens de Sarh. Ensemble, ils travaillent pour promouvoir le cinéma local et sensibiliser l’État sur l’importance de lutter contre la piraterie, qui pèse lourdement sur les créateurs.
Alladoumbaye Ndilabaye Djiraïbé continue d’être un acteur majeur de la scène artistique tchadienne, motivé par un amour profond pour sa culture et un désir de partager les réalités de son pays à travers le prisme de l’art.