Anti-corruption : l’AILC prône une administration efficace
L’AILC appelle à une administration au service des citoyens pour lutter contre la corruption
Dans le cadre des « Grands Rendez-vous de l’ENA », Ousmane Abderamane Djougourou, Contrôleur général de l’Autorité Indépendante de Lutte contre la Corruption (AILC), a conduit le 5 juin 2026 une conférence sur le thème : « Lutte contre la corruption : bâtir une administration efficace au service du citoyen à travers la bonne gouvernance ».
Devant un public attentif, Djougourou a présenté un état des lieux préoccupant au Tchad, précisant que malgré les efforts constants des gouvernements, la corruption persiste. S’appuyant sur le rapport de Transparency International de 2025, il a souligné que le Tchad se classe 157e sur 182 pays, un indicateur qu’il décrit comme alarmant pour la perception de la corruption dans le secteur public.
Selon Djougourou, ce classement révèle un besoin urgent de renforcer les mécanismes de gouvernance, de transparence et de contrôle. Il a notamment pointé du doigt la forte dépendance aux ressources pétrolières et les lacunes dans la gestion des marchés publics, deux secteurs exposés aux risques de mauvaise gouvernance.
Il a également mis en lumière les conséquences graves de la corruption sur le fonctionnement de l’État et le quotidien des citoyens. « La corruption n’est pas une simple entorse à la législation. C’est une menace directe pour la stabilité de l’État, l’efficacité de l’administration publique ainsi que pour le développement économique et social du pays », a-t-il déclaré.
Djougourou a détaillé les effets néfastes observables dans toute la société : la baisse de confiance des citoyens envers les institutions, une allocation inefficace des ressources de l’État, un affaiblissement de la qualité des services publics et un frein au développement économique et social.
L’évènement visait également à sensibiliser les futurs cadres de l’administration publique à l’importance de la bonne gouvernance. En insistant sur les valeurs de transparence, d’intégrité et de redevabilité, l’ENA espère promouvoir une administration capable de répondre efficacement aux besoins des citoyens.
L’analyse de Djougourou et son plaidoyer pour une administration réformée ont invité les responsables présents et futurs à repenser leur approche de la gestion publique, avec un accent sur l’éthique au service du développement national.
Ainsi, à travers ce dialogue, l’AILC et l’ENA s’engagent ensemble pour une amélioration durable de l’administration publique au Tchad, offrant une vision d’espoir dans la lutte contre la corruption. Ces efforts, bien que déjà entamés, nécessitent un engagement renouvelé et collectif pour construire un avenir où la transparence et la responsabilité deviennent la norme.