Appel de l’abbé Kradjim : Unissons nos charités !

Chaque année, le 5 septembre, le monde se rassemble pour célébrer la Journée internationale de la charité. Initiée par l’Organisation des Nations unies, cette journée est dédiée à la sensibilisation sur l’importance de la charité, commémorant également l’anniversaire de la mort de Mère Teresa de Calcutta, canonisée pour son engagement indéfectible envers les plus démunis. Elle avait reçu le prix Nobel de la paix en 1979, devenant un symbole universel de l’amour et de l’entraide.

Au Tchad, la Journée de la charité trouve un écho particulier. L’abbé Marius Kradjim, chancelier de l’archidiocèse de N’Djaména, décrit Mère Teresa comme une figure emblématique de modestie et de compassion. Il rappelle comment elle a consacré sa vie à visiter les familles dans le besoin, distribuant nourritures et médicaments, tout en soignant les souffrances physiques et psychologiques des laissés-pour-compte.

Pour l’abbé Kradjim, la charité dépasse les simples actions humanitaires. Ancré dans le message de l’Évangile, ce type de charité nécessite une profonde foi chrétienne. « Ce qui nous distingue en tant que croyants, c’est que notre action est guidée par Jésus-Christ, modèle de service aux pauvres », affirme-t-il.

Toutefois, ce message de charité universelle rencontre certains obstacles au Tchad. L’abbé Kradjim déplore que la solidarité soit souvent circonscrite aux cercles familiaux ou communautaires. Il souligne que des dons peuvent être faits pour se donner bonne conscience, plutôt que par véritable altruisme. Il souligne aussi que l’amour véritable ne tient pas compte des origines ethniques ou des affiliations communautaires.

Conscient de ces défis, l’abbé Kradjim insiste sur la nécessité d’une éducation qui valorise l’empathie et la respectabilité humaine. Il appelle les Tchadiens, qu’ils soient chrétiens ou musulmans, à transcender les divisions pour embrasser une culture de l’amour du prochain. « Il faut apprendre à voir l’autre comme un être aimé, au-delà de son identité ou de ses origines », insiste-t-il.

Pour illustrer ses propos, l’abbé Kradjim mentionne les religieuses de Charité à Boutalbagar, dont les actions exemplaires incarnent cette quête d’une solidarité sans frontières. Il lance un appel à davantage s’inspirer de ces figures dédiées au service des autres, afin de faire de la Journée internationale de la charité plus qu’une simple commémoration. Cette journée devrait servir à repenser nos actions du quotidien, à réorienter la société vers des valeurs d’entraide et d’amour désintéressé.

Ainsi, la Journée internationale de la charité ne doit pas seulement être perçue comme une célébration annuelle, mais bien comme une opportunité de réexaminer notre engagement envers les valeurs de solidarité et de charité, pourtant simples dans leur essence mais puissantes dans leur impact sociétal.