AVC : Tous concernés, alerte du Dr Digui

L’Accident Vasculaire Cérébral : Un Risque Universel, Selon Le Dr Bichara Digui

L’accident vasculaire cérébral (AVC) constitue une urgence médicale qui ne fait pas de distinction entre ses victimes, selon le cardiologue Dr Bichara Digui Abderaman Yacoub. Avec une incidence préoccupante de près de 11,9 millions de nouveaux cas en 2021 à travers le monde, l’AVC est devenu l’une des premières causes de décès et de handicaps, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le Dr Yacoub met en lumière la nécessité de reconnaître rapidement les signes avant-coureurs de cette affection qui peut toucher n’importe qui, indépendamment de l’âge ou du statut social.

L’AVC intervient lorsque la circulation sanguine vers une partie du cerveau est interrompue, privant ainsi les cellules cérébrales d’oxygène. Le cerveau, agissant comme un centre de commande pour l’ensemble du corps, est immédiatement affecté, compromettant des fonctions vitales telles que la parole ou la motricité. « Aujourd’hui, l’AVC peut toucher n’importe qui, quel que soit l’âge, la situation sociale, riche ou pauvre, homme ou femme », affirme le Dr Yacoub, rompant avec l’idée reçue que seules les personnes âgées sont vulnérables à cette attaque.

Il existe principalement deux types d’AVC : l’AVC ischémique et l’AVC hémorragique. Le premier se produit lorsque le flux sanguin est obstrué par un caillot, tandis que le second résulte de la rupture d’une artère cérébrale. Les deux types d’AVC entraînent une privation d’oxygène pour les cellules cérébrales, mais il n’existe pas de symptômes spécifiques permettant de distinguer immédiatement l’un de l’autre. Le Dr Yacoub insiste donc sur l’urgence de prendre tout symptôme soudain au sérieux, notamment une paralysie, une faiblesse spécifique, des troubles de la parole, une déviation de la bouche ou une douleur céphalique intense.

Les facteurs de risque des AVC touchent une large frange de la population. L’âge reste un facteur inévitable, mais de nombreux jeunes et enfants en sont également victimes en raison d’autres facteurs. Chez les adultes, le stress, l’hypertension artérielle, le diabète, le manque d’exercice, l’alimentation déséquilibrée, le tabagisme et l’obésité abdominale aggravent les risques. Chez les jeunes et les enfants, des conditions comme la drépanocytose, des maladies auto-immunes ou des complications congénitales peuvent précipiter cet état.

Dr Bichara Digui souligne l’importance de la prévention, appelant à un contrôle régulier de la pression artérielle, souvent surnommée « la tueuse silencieuse » en raison de son invisibilité jusqu’à ce qu’elle cause des dommages. La sensibilisation au stress chronique est également cruciale, car il accentue les risques cardiovasculaires en augmentant le stress oxydatif et la pression artérielle.

L’AVC demeure fréquent au Tchad comme ailleurs, et la prise en charge s’effectue rarement en solitaire. Souvent, elle nécessite l’intervention coordonnée de neurologues, cardiologues, et kinésithérapeutes pour optimiser la récupération du patient. Le message clé reste que chaque minute est précieuse; une assistance médicale immédiate peut grandement influencer l’issue.

Afin de limiter l’impact dévastateur des accidents vasculaires cérébraux, il est impératif de maintenir une vigilance constante envers les facteurs de risque modifiables et de prioriser une reconnaissance rapide des symptômes. C’est ainsi que les chances d’une intervention réussie et d’une récupération quasi-complète peuvent être maximisées.