Récoltes incertaines : l’urgence des alternatives au Mandoul

Mandoul : entre incertitude des récoltes et urgence d’alternatives

Dans la province du Mandoul, située au sud du Tchad, l’irrégularité des pluies de cette saison agricole alimente les inquiétudes des producteurs et techniciens agricoles. Plusieurs zones de cette région font face à une rareté préoccupante des précipitations, mettant en péril les cultures et posant un réel risque pour la sécurité alimentaire des ménages.

Durant la campagne actuelle, certains agriculteurs constatent que leurs cultures peinent à croître faute d’eau suffisante. « Cette année, les pluies ne sont pas régulières comme les années précédentes. Nous avons semé, mais certaines cultures ont du mal à se développer normalement », explique un cultivateur local. Le maïs, par exemple, est semé et ne pousse que par endroits, la majeure partie souffrant de l’insuffisance hydrique. « Si la situation continue, nous risquons de perdre une partie importante de nos récoltes et être menacés par la famine », avertit Allaissem Raïngar, un producteur qui suit de près l’évolution de ses cultures.

Les préoccupations des agriculteurs sont accentuées par les investissements déjà réalisés dans les semences et la préparation des champs. « Nous avons travaillé, acheté les semences améliorées et mis nos moyens dans les champs. Mais sans pluie, tous ces efforts peuvent être réduits à néant. Nous demandons un accompagnement pour faire face à cette situation », plaide un autre exploitant agricole.

Selon Allata Gueralbaye, délégué provincial de la Production et de la Transformation agricole du Mandoul, l’année 2026 est marquée par une irrégularité des pluies, tant spatiale que temporelle, conjuguée à des périodes sèches prolongées. « Du 21 au 31 août, nous n’avons pas reçu de pluies alors que les cultures sont déjà en phase de maturité. Le riz a beaucoup pâti cette année », souligne-t-il. Il invite les producteurs à envisager des stratégies alternatives, notamment en misant sur les cultures de contre-saison comme le bérébéré et le maraîchage, tout en tirant parti des options d’irrigation lorsque cela est possible.

L’évaluation fournie par l’Agence nationale de la Météorologie renforce ces préoccupations, avec l’annonce que le front intertropical, indicateur clé, varie actuellement entre le 13e et le 14e parallèle, alors qu’il devrait être plus au nord. Ces informations suggèrent que la fin de la saison pluvieuse est imminente, exacerbant ainsi l’incertitude pour les cultures non encore parvenues à maturité.

Face à ces défis, l’urgence d’une réflexion collective sur des alternatives agricoles est cruciale pour prévenir une crise alimentaire potentielle. Les producteurs, tout comme les autorités locales et nationales, doivent collaborer pour identifier des solutions viables face aux impacts du changement climatique sur les régimes de précipitations et à long terme sur la sécurité alimentaire.

Dans ce contexte, le recours à des techniques adaptées aux changements climatiques devient indispensable à la résilience de l’agriculture dans le Mandoul. La mise en place de systèmes d’irrigation efficients, l’élargissement des cultures adaptées à la sécheresse et le renforcement des capacités des agriculteurs apparaissent comme quelques-unes des mesures possibles pour atténuer ces incertitudes agricoles.

Alors que l’avenir des récoltes reste incertain et que les producteurs expriment leurs inquiétudes, il est crucial que les autorités et les partenaires de développement travaillent main dans la main pour mobiliser les ressources nécessaires et soutenir les communautés vulnérables face à ces défis environnementaux et climatiques.

Alex Loubadjo Djassibaye