Basket : « Nos dirigeants doivent s’y intéresser », affirme Vincent Lawé

Lors d’une récente intervention sur le plateau de l’émission Matinale de Tchadinfos, Vincent Lawé, consultant et éducateur sportif, a exprimé son point de vue sur la dynamique actuelle du sport au Tchad. Selon lui, si le football reste incontestablement le sport le plus populaire du pays, c’est le basketball qui commence à briller par ses résultats remarquables, méritant ainsi une attention accrue des décideurs publics.

Vincent Lawé a rappelé que les performances des équipes nationales de football laissent à désirer, le Tchad ayant terminé à la dernière place de son groupe lors des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026, avec un maigre point récolté en huit rencontres. En contraste, le basketball tchadien, tout particulièrement dans la catégorie des moins de 18 ans, s’est distingué en se qualifiant pour l’AfroBasket, une première historique pour le pays.

Cette efficacité sur le terrain n’est pas passée inaperçue dans le panorama sportif national. Bien que le football continue d’attirer des foules nombreuses dans ses deux grands stades de plus de 30 000 places, les performances internationales laissent à désirer. Ni l’équipe senior des Sao, ni les clubs tchadiens n’ont réussi à briller significativement sur la scène internationale ces dernières années, souligne Lawé.

Inversement, le basketball junior témoigne de son potentiel, comme en témoigne la victoire des jeunes talents qui se sont imposés champions de la zone 4, ouvrant la voie à une participation à l’AfroBasket. Des athlètes tels que Ngabayaya ont non seulement excellé en classant parmi les meilleurs du tournoi, mais ont également attiré l’attention des recruteurs étrangers.

« Le basket mérite aujourd’hui toutes les attentions », souligne Vincent Lawé. Il met en avant l’auto-détermination des jeunes joueurs qui ont poursuivi leur formation malgré le manque d’infrastructures adéquates. Ce développement se fait souvent grâce à des initiatives privées, et non par le biais des soutiens étatiques traditionnels.

Revenant sur la situation du football, Lawé souligne que les difficultés ne sont pas d’ordre financier. La FIFA distribute des aides depuis des années, mais un déséquilibre persiste dans la répartition du budget sportif. Environ 70% des fonds seraient consacrés aux salaires administratifs, laissant peu de ressources pour le développement sur le terrain.

Avec l’arrivée de Diapène Doram à la tête de la Fédération, Vincent Lawé se montre optimiste quant à une nécessaire refonte du système. « Il faut repartir de la base, aller détecter les talents dans les provinces et les arrondissements, créer des compétitions qui intègrent toutes les catégories d’âge », a-t-il ajouté.

Concernant l’avenir, il reste optimiste pour la jeunesse montante du basket qui pourrait renforcer l’équipe sénior, actuellement en stagnation depuis 2011. Pour le football, malgré l’exportation de nombreux joueurs, il note avec satisfaction les avancées du football féminin, soulignant la victoire des joueuses tchadiennes lors du tournoi FIFA Women’s Friendship et plusieurs signatures professionnelles à l’étranger.

Au sujet des perspectives futures du sport au Tchad, Vincent Lawé conclut que le basketball, avec ses récentes performances, pourrait jouer un rôle crucial en influençant la réorientation des fonds vers des investissements plus productifs. Il estime qu’une période de trois à cinq ans pourrait être nécessaire pour percevoir les fruits de ces ajustements.