Batha : fin du conflit foncier à Amzafaye

Batha : Deux Communautés Enterrent Définitivement le Différend Foncier d’Amzafaye

Batha, le 18 septembre 2026 – Dans une salle comble du Conseil provincial du Batha, la journée de ce vendredi marque un tournant décisif dans l’histoire locale avec la conclusion officielle d’un conflit foncier long de plusieurs décennies. En présence d’une délégation gouvernementale influente dirigée par le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, le Général Ali Ahmat Aghabache, les communautés autrefois antagonistes ont apposé leur signature sur un procès-verbal d’engagement, scellant ainsi la résolution définitive du différend foncier de la région d’Amzafaye.

Le conflit, enraciné depuis des années dans le département de Ouadi Rimé, avait été l’objet de maintes tentatives de règlement. Un premier procès-verbal, considéré comme fondateur, avait été déjà signé le 27 novembre 2000, mais les tensions, loin de s’apaiser complètement, avaient sporadiquement éclaté en violences meurtrières. Cette nouvelle initiative, orchestrée par l’État, vise à mettre un terme définitif à cet état de conflit.

Préalablement à la signature de l’accord, une Commission de vérification s’était déplacée sur le terrain le 15 septembre pour évaluer la situation. Le rapport de cette mission a corroboré l’exactitude du tracé et des bornes délimitant les territoires depuis l’an 2000. Le même jour que la cérémonie protocolaire, la délégation gouvernementale a elle aussi inspecté sur place les bornes, confirmant le respect de la délimitation initiale.

Les représentants des deux communautés ont unanimement validé la délimitation établie, faisant appel à leurs serments solennels passés sur le Coran. Le territoire oriental est attribué à l’une des communautés, tandis que la portion occidentale revient à l’autre. Dans un élan de réconciliation, ce document ne se limite pas simplement à la répartition des terres. Les communautés ont proclamé un pardon mutuel, invitant à laisser les querelles passées derrière elles. Des réunions de restitution seront organisées par les chefs de canton afin de promouvoir la paix, la tolérance et la fraternité.

L’État a clairement exprimé son intention de veiller à l’exécution stricte de cet accord. Désormais, il est interdit aux civils de posséder des armes à feu. Toute tentative de déplacer les bornes, de s’emparer de parcelles en dehors des zones désignées, ou de contester la délimitation de 2000 seront sévèrement punies, qualifiées de provocation à la haine communautaire et de trouble à l’ordre public. Les chefs de canton se sont engagés à coopérer avec les autorités, n’hésitant pas à dénoncer d’éventuels fauteurs de trouble au sein de leur propre communauté.

Pour les autorités tchadiennes, les objectifs de cet accord sont clairs : établir une paix durable, renforcer la cohésion sociale et promouvoir le vivre-ensemble dans cette région fragile du Batha. Pour les deux communautés, cet engagement symbolise une opportunité de tourner enfin la page sur un passé douloureux et de réaffirmer une histoire commune fondée sur des valeurs partagées de religion, de géographie et de fraternité.