Changement climatique : glissements de terrain mortels et fonte
Le changement climatique exacerbe les glissements de terrain et le recul des glaciers sur le plateau Qinghai-Tibet
Une récente coulée de boue survenue au port de Gyirong, situé à la frontière entre la Chine et le Népal, soulève des inquiétudes parmi les experts concernant son lien avec le changement climatique. Cet événement tragique a causé des pertes humaines importantes et met en lumière les dangers croissants auxquels sont confrontées les régions montagneuses en raison des phénomènes climatiques actuels.
Les spécialistes affirment que cette catastrophe est étroitement liée au réchauffement climatique. L’augmentation des températures accélère la fonte des glaciers, entraînant des répercussions significatives sur la géologie et la morphologie du terrain. Les conditions locales, combinées à des facteurs climatiques globaux, sont considérées comme des déclencheurs principaux des glissements de terrain dans cette zone.
La situation a été aggravée par une réaction en chaîne impliquant l’effondrement de blocs de glace et de roches. Ces événements en cascade, couplés aux défis inhérents à la gestion de la prévention des catastrophes à la frontière, rendent la réduction des risques particulièrement difficile dans ces régions de haute altitude.
L’évolution continue du climat a un impact profond sur la cryosphère, les écosystèmes et les modèles de désastres à l’échelle mondiale. Sur le plateau Qinghai-Tibet, les glaciers fondent à un rythme alarmant, créant un contexte propice à l’augmentation des possibilités de désastres géologiques.
Des recherches menées sur plus de six décennies, s’appuyant sur trois inventaires complets des glaciers réalisés en Chine, montrent une tendance claire à la régression des glaces. Le premier inventaire a dénombré une superficie totale de glaciers de 51 000 kilomètres carrés sur le plateau. Ce chiffre a chuté à 44 000 kilomètres carrés lors du deuxième inventaire, et le dernier a révélé une nouvelle diminution à seulement 39 000 kilomètres carrés.
Kang Shichang, directeur et chercheur à l’Institut des dangers de montagne et de l’environnement de l’Académie chinoise des sciences à Chengdu, indique qu’au cours des 60 dernières années, les glaciers du plateau Qinghai-Tibet ont perdu 24 % de leur superficie. Cette situation est particulièrement alarmante dans la partie méridionale du plateau. Dans les zones des montagnes Gangdise, des montagnes Nyenchen Tanglha et de l’Himalaya, les glaciers ont rétréci d’environ 40 % durant cette même période. Kang souligne que la principale cause de ce phénomène est le réchauffement climatique.
La fonte continue des glaciers a directement contribué à une augmentation substantielle du nombre et de la taille des lacs glaciaires sur le plateau. Actuellement, il existe plus de 14 000 lacs glaciaires, couvrant un total de plus de 1 100 kilomètres carrés. Ces lacs continuent d’expanser rapidement, générant des risques croissants pour les inondations par épanchement glaciaire, les glissements de terrain et d’autres catastrophes.
Nie Yong, un autre chercheur de l’Institut des dangers de montagne, révèle que les lacs glaciaires se sont notablement étendus ces dernières décennies, en particulier dans la région himalayenne le long de la frontière sud de la Chine. La superficie des lacs dans cette région augmente en moyenne de 1 % par an, ce qui en fait une source principale de risques de désastre géologique en altitude.
En somme, le plateau Qinghai-Tibet, avec son écosystème fragile, est confronté à de multiples défis en raison du changement climatique. L’augmentation des catastrophes géologiques et le retrait des glaciers sont des indicateurs alarmants qui nécessitent une attention urgente de la part des gouvernements et des chercheurs pour mettre en place des stratégies de prévention et d’adaptation face à ces crises environnementales croissantes.