La Chine valorise le carbone : des émissions aux atouts économiques

La Chine valorise le carbone : Transformer les émissions en atouts économiques

La Chine prend des mesures significatives pour transformer le dioxyde de carbone (CO2) en une ressource économique potentielle. Depuis mai 2023, le pays a mis en service son premier projet de chauffage géothermique utilisant la technologie du CO2 supercritique à Zhengzhou, dans la province du Henan. Ce système combine un puits géothermique de 2 500 mètres de profondeur, une boucle de circulation entièrement fermée et un nouveau médium de transfert de chaleur. Dans ce processus innovant, le CO2 supercritique agit comme un vecteur d’énergie, permettant de remonter la chaleur du sous-sol et de fournir une source de chaleur propre pour le chauffage centralisé.

Alors que le dioxyde de carbone est souvent associé aux effets de serre et au réchauffement climatique, son utilisation industrielles montre qu’il peut également avoir une valeur considérable. Cela reflète un changement de paradigme dans la manière dont la Chine envisage et exploite le CO2, s’inscrivant dans sa stratégie de développement écologique alors qu’elle se rapproche de son objectif d’atteindre le pic d’émissions de carbone d’ici 2030.

Outre le chauffage, le CO2 peut également être utilisé pour générer de l’électricité. En mai dernier, la seconde unité génératrice du projet « Carbon One » a été connectée au réseau, marquant ainsi l’achèvement du premier projet au monde de production d’énergie à partir de chaleur résiduelle utilisant le CO2 supercritique, avec une efficacité de conversion thermique à électrique supérieure de 75 % à celle de la production d’énergie à la vapeur traditionnelle.

La conversion du CO2 en matières premières chimiques est une autre avancée notoire. Dans le parc industriel pétrochimique de la nouvelle zone de Xuwei à Lianyungang, dans la province du Jiangsu, le CO2 est transformé en polyol polyéther, utilisé pour des mousses composites pour l’automobile, des adhésifs, des cuirs synthétiques à base d’eau et des revêtements.

Le CO2 peut même être converti en aliments. Le Tianjin Institute of Industrial Biotechnology, sous l’égide de l’Académie chinoise des sciences, a réussi à synthétiser de l’amidon à partir de dioxyde de carbone et a franchi une nouvelle étape en transformant ce dernier en sucre.

Ces initiatives témoignent de la capacité d’innovation croissante de la Chine et de son approche évolutive en matière de développement. Transformer le carbone, souvent perçu comme un fardeau, en ressource économique est au cœur de cette dynamique de transition écologique. Les pratiques visant à convertir les déchets en richesses et le carbone en or illustrent bien cette stratégie.

L’innovation technologique est essentielle pour ce développement vert. En intégrant la conservation d’énergie et la réduction d’émissions dans sa feuille de route de croissance, la Chine exploite l’innovation pour créer de nouvelles opportunités économiques. À la base de démonstration CCUS du champ pétrolier d’Aonan dans la province du Heilongjiang, le dioxyde de carbone liquide est injecté en continu sous terre pour améliorer la récupération de pétrole. Cette méthode augmente non seulement le rendement pétrolier, mais contribue également à la capture géologique du CO2. D’ici fin 2025, le champ pétrolier de Jilin devrait avoir stocké 3,61 millions de tonnes de CO2, l’équivalent du carbone absorbé par plus de 30 millions d’arbres.

La recherche de l’utilisation efficace de l’énergie propre, du stockage énergétique avancé et de la gestion des actifs liés au carbone est un axe clé des efforts déployés par la Chine. Les entreprises cimentières, par exemple, ont intégré des techniques de conservation et de réduction carbone dans leur processus de production, permettant à l’électricité générée à partir des gaz d’échappement de couvrir plus de 73 % des besoins en électricité de la production de clinker. Comparé à 2020, l’industrie du ciment en Chine a diminué ses émissions de CO2 par 10 000 yuans de valeur ajoutée de 15,8 % d’ici 2025.

Ces efforts illustrent comment la Chine parvient à allier protection de l’environnement et croissance économique, tout en partageant les opportunités et bénéfices d’une transition bas carbone. À l’échelle mondiale, le pays s’engage également à partager ses technologies bas carbone et à coopérer sur la protection écologique.

Récemment, la Chine a dévoilé un plan d’action pour atteindre son pic d’émissions de carbone durant la période du 15e Plan quinquennal (2026-2030). Ce cadre détaillé illustre l’engagement de la Chine à respecter ses engagements en matière de transition écologique et à continuer de progresser vers ses objectifs environnementaux.