Chute de la Production de Coton en Zone CFA

Baisse de la production cotonnière dans la zone CFA : un défi persistant pour les producteurs

En 2025-2026, la récolte de coton dans les principaux pays producteurs de la zone Franc de la Communauté Financière Africaine (CFA) a connu une diminution significative de 14,2 %, atteignant près de 1,98 million de tonnes par rapport à la campagne précédente qui affichait 2,31 millions de tonnes. Ces chiffres, issus des données des interprofessions compilées par le Programme régional de production intégrée du coton en Afrique (PR-PICA), témoignent d’une deuxième année consécutive de baisse, après un pic de 2,6 millions de tonnes enregistré en 2023-2024.

Les causes de cette tendance baissière sont multiples. Le PR-PICA pointe du doigt des conditions climatiques irrégulières ayant affecté la majorité des pays producteurs, couplées à des défis entomologiques, notamment la gestion des jassides, insectes nuisibles qui ont pesé lourdement sur la production dans certaines régions. Le Mali, fortement impacté par ces insectes, a subi une contraction record de 39,5% dans sa production, tombant à 397 540 tonnes, et cédant ainsi sa première place de producteur de la zone au Bénin, qui malgré une baisse de 16,3 %, atteint 533 590 tonnes.

D’autres pays subissent également cette baisse. La Côte d’Ivoire a enregistré une diminution minime de 0,4 %, tandis que le Cameroun a vu sa production chuter de 11,9 %, se situant respectivement à 310 407 tonnes et 250 722 tonnes. À l’inverse, le Burkina Faso a connu une croissance modeste de 7%, atteignant 313 042 tonnes, lui permettant de surpasser le Cameroun et la Côte d’Ivoire, et de s’installer à la troisième place derrière le Bénin et le Mali.

Quelques pays affichent toutefois de fortes progressions. Le Sénégal se distingue par sa progression remarquable de 62,2 % avec une production de 25 166 tonnes. Le Tchad et le Togo enregistrent chacun une croissance de 30,3 %, avec respectivement 75 268 et 78 706 tonnes. Ces performances révèlent de nombreux écarts en termes de productivité, le Cameroun se hissant en tête avec un rendement de 1 268 kg/ha, suivi par le Sénégal (1 235 kg/ha) et la Côte d’Ivoire (1 069 kg/ha).

La nouvelle campagne cotonnière a démarré dès mai avec les premiers semis, mais elle s’annonce difficile. Les producteurs font face aux coûts de production élevés, notamment en raison de l’augmentation des prix des engrais sur le marché international. Selon les prévisions de la Banque mondiale dans son rapport « Commodity Markets Outlook », les prix des engrais devraient augmenter de plus de 30 % en 2026, impactés par les perturbations du transport maritime dans le détroit d’Ormuz.

Néanmoins, le PR-PICA se montre optimiste, notant avec satisfaction que plusieurs États ont pris des mesures pour soutenir la filière, facilitant ainsi l’accès aux engrais et permettant l’achat de coton graine à des tarifs abordables. Ce soutien est crucial alors que le coton représente une source majeure de recettes d’exportation agricole pour des pays comme le Bénin, le Mali, le Burkina Faso et le Tchad. La stabilisation et la relance de la production cotonnière en 2026/2027 revêtent donc une importance stratégique pour l’économie de ces nations.