Climat : l’Afrique chauffe plus vite, alerte OMM
Climat : l’Afrique se réchauffe plus vite que le reste du monde, alerte l’OMM
L’Afrique subit de plein fouet les effets du réchauffement climatique, enregistrant une hausse des températures supérieure à la moyenne mondiale. Selon le rapport annuel de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) intitulé « L’état du climat en Afrique en 2025 », rendu public le 18 juin, le continent continue de se réchauffer à un rythme inquiétant.
Depuis 1991, l’Afrique a connu une augmentation de température qui dépasse considérablement celle observée lors des trois décennies précédentes. En 2025, la température moyenne à la surface des terres africaines s’est située parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées, avec une hausse de +0,51 °C par rapport à la moyenne de 1991-2020. Cette situation est particulièrement alarmante en Afrique du Nord, notamment sur les côtes méditerranéennes de l’Algérie et de la Tunisie.
Les phénomènes climatiques extrêmes ont touché au moins 13 millions de personnes et entraîné plus de 3 000 décès. Les inondations constituent plus de la moitié de ces catastrophes, avec des crues meurtrières au Nigeria et en République Démocratique du Congo, causant respectivement plus de 200 et 160 victimes. Par ailleurs, une sécheresse sévère durant la saison 2024/2025 a affecté plus de 8,5 millions de personnes en Afrique de l’Est.
Depuis la fin du XIXe siècle, les glaciers africains ont perdu plus de 90 % de leur superficie. Le mont Kilimandjaro, par exemple, a vu sa couverture glacière passer de 11,4 km² en 1900 à moins de 1 km² aujourd’hui, malgré des chutes de neige notables en 2025. En outre, le niveau de la mer autour du continent augmente plus vite qu’ailleurs, notamment dans la mer Rouge où il s’élève de 5,6 mm par an. Ce phénomène de montée des eaux, conjugué au réchauffement des océans, aux vagues de chaleur marines et à l’acidification, menace les écosystèmes marins et les moyens de subsistance des populations côtières.
Actuellement, seuls 40 % des pays africains possèdent des systèmes efficaces d’alerte précoce multi-aléas. Malgré cela, l’OMM souligne des progrès notables grâce à une meilleure collaboration entre les services météorologiques, les agences de gestion des catastrophes et les autorités locales. Le Ghana, le Nigeria et l’Afrique du Sud servent d’exemples positifs, illustrant comment ces collaborations peuvent permettre des avancées significatives.
Celeste Saulo, secrétaire générale de l’OMM, a déclaré que ce rapport met en lumière non seulement l’ampleur des risques, mais aussi l’importance croissante des alertes précoces et des services climatiques. Elle insiste sur la nécessité d’une action coordonnée pour protéger les vies humaines et les moyens de subsistance sur le continent.
Ce rapport régional s’inscrit dans la série « State of the Climate » de l’OMM. Il a pour but d’alerter les décideurs africains sur l’urgence d’investir dans la résilience pour faire face aux défis climatiques futurs.