Musique tchadienne : passion et entrepreneuriat en fusion
Les Artistes Tchadiens : Harmoniser Passion Musicale et Entrepreneuriat
À l’occasion de la Fête de la musique, célébrée mondialement le 21 juin, les artistes du Tchad retiennent l’attention en conjuguant leur amour pour la musique avec l’entrepreneuriat. Cette double vie leur permet non seulement de vivre leur passion, mais aussi de subvenir à leurs besoins et de financer leurs projets artistiques.
Parmi ces artistes figure Souleymane Pierre, alias Soul Peter. Connu pour ses talents musicaux, il est également micro-soudeur spécialisé dans la réparation d’appareils électroniques. À travers ce métier, il supporte sa carrière musicale. « Je fais le métier de micro-soudure. C’est le technicien qui répare tout ce qui est électronique comme les ordinateurs et les téléphones », explique-t-il.
Soul Peter affirme que cette activité lui garantit une stabilité financière nécessaire pour produire ses albums et organiser des événements comme le festival Ne Kimma. « Mon activité me rapporte énormément. C’est grâce à ça que j’arrive à produire mon album et à organiser le festival chaque année. Ça contribue beaucoup dans ma carrière », précise-t-il.
Détougou Bakou Olivier, connu sous le nom de Prince Bakouniny, illustre également la combinaison de la musique et des affaires. En parallèle de sa carrière musicale, il s’investit dans plusieurs domaines, notamment la restauration, le conseil en stylisme, le froid et la climatisation ainsi que l’esthétique. « À part la musique, je suis un entrepreneur dans plusieurs domaines », confie l’artiste.
Certaines de ces activités, comme l’esthétique, accompagnent Prince Bakouniny depuis son enfance, contribuant à son identité et sa popularité locales. « Ça fait plusieurs années que j’exerce ces activités. L’esthétique, c’est depuis mon bas âge », ajoute-t-il. Ces métiers lui ont offert une notoriété bien avant de se lancer pleinement dans la musique. « Beaucoup de gens me connaissent en tant que coiffeur avant de me connaître comme artiste chanteur », souligne-t-il.
Pour de nombreux artistes tchadiens, l’entrepreneuriat est une nécessité économique. Les revenus générés par la musique ne suffisent souvent pas pour couvrir les dépenses courantes. « C’est grâce à mes activités entrepreneuriales que j’investis dans ma musique. Parce que la musique en tant que telle, au Tchad, ça ne donne pas comme il le faut. Les cachets ne peuvent même pas payer le loyer », déplore Prince Bakouniny.
Le parcours de Soul Peter et Prince Bakouniny illustre une réalité commune à nombre d’artistes tchadiens. Malgré leur passion ardente pour la musique, ils doivent multiplier les sources de revenus pour garantir une stabilité financière et poursuivre leurs ambitions artistiques. Ces efforts témoignent de leur résilience et de leur détermination à maintenir vivante la scène musicale tchadienne.
En ce jour de Fête de la musique, cette dualité entre passion artistique et pragmatisme économique met en lumière la créativité et l’ingéniosité des artistes tchadiens, résolus à faire vivre leur art tout en bâtissant leur avenir.